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Colère agricole : à Dunkerque, les agriculteurs contrôlent les camions en quête de marchandises interdites

À Dunkerque, 130 Jeunes Agriculteurs ont procédé à des barrages filtrants avec des contrôles des camions qui rentrent en France. [Guillaume Pinon / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La colère agricole se poursuit. À Dunkerque, des agriculteurs contrôlent les camions pour dénoncer l’importation de produits ne respectant pas les normes françaises. Poulet aux hormones, bananes ou viande sud-américaine : ils réclament une concurrence équitable.

La colère agricole ne faiblit pas. Délogés des autoroutes, les agriculteurs passent maintenant au contrôle des marchandises non conformes avec les règles qu’ils doivent appliquer  en France de façon drastique sous peine de sanctions. Ce jeudi matin, certains ont déversé du poulet aux hormones des Pays-Bas vendus à des coopératives pour faire du cordon bleu.

Une opération similaire s’est déroulée sur le port de Dunkerque où 130 membres des Jeunes agriculteurs ont procédé à des barrages filtrants avec des contrôles des camions qui rentrent en France. Pour l’occasion, Europe 1 s’est rendue sur place.

"70% des camions peuvent transporter n'importe quoi"

"N'importons pas ce qui est interdit en France". Voici ce qu'on peut lire sur le radar vandalisé par des agriculteurs à l'entrée du port de Dunkerque. Des poids lourds sortent au compte-gouttes, la plupart sont stoppés. Des Jeunes agriculteurs comme Clément vérifient la marchandise. 

"Sur le site du port de Dunkerque, il n'y a que 30% de tous les camions qui arrivent par jour qui sont contrôlés. Ça veut dire qu'il y a 70% des camions qui peuvent transporter n'importe quoi. De la matière qui est produite à l'étranger avec des normes moins strictes que les nôtres. C'est ça l'enjeu de la manifestation aujourd'hui", insiste-t-il.

"On mâche un peu le travail des douaniers, ajoute-t-il, mais nous n'avons pas le choix, surtout avec le traité de libre échange qui va être signé prochainement". À l'intérieur d'un des poids lourds : des bananes en provenance d'Amérique du Sud.

"On va chercher jusqu'au bout"

"L'Équateur ne fait pas partie de l'Union européenne. On n'est pas sûr qu'ils utilisent les mêmes produits que nous. L'objectif est quand même bien d'avoir une équité aussi à ce niveau là. C'est l'un des premiers camions qu'on a réellement. On sait qu'on risque de trouver autre chose. On va chercher jusqu'au bout", assure Louis Cauët, président des Jeunes agriculteurs des Hauts-de-France.

"Mais il y a surtout cette crainte de voir de la viande sud-américaine", admet-il. Ces agriculteurs ont prévu de passer la nuit à l'entrée du port à Dunkerque.