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«Tous les ans, on change de normes» : un éleveur dénonce les contraintes insurmontables du système agricole français

Ce lundi, les agriculteurs ont bloqué l'autoroute A1 afin d'inspecter le contenu des camions venus de pays étrangers (illustration). [Francois LO PRESTI / AFP]

Lundi, les agriculteurs ont manifesté sur l'autoroute A1 afin de protester contre le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Des éleveurs dépités par l'arrivée massive de produits à bas coût venus de l'étranger, qui estiment être pressés par les normes françaises en matière d'agriculture.

Les traits tirés et des poches sous les yeux, Olivier Roisin, éleveur de porc, est mobilisé depuis maintenant trois jours sur le blocage du péage de Fresnes-lès-Montauban, dans le Pas-de-Calais. Avec lui, une cinquantaine d'agriculteurs, parfois très jeunes, mais déjà épuisés et terrifiés par l'avenir qui se dessine, notamment après l'annonce de l'adoption du traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur.

Olivier Roisin, qui vient de s'installer à son compte, dit se poser "beaucoup de questions, beaucoup d'appréhension quand on voit ce qu'il se passe". L'éleveur de porc se demande s'il a "bien fait de [s]'entêter à faire perdurer la ferme familiale".

Aucun salaire et des normes contraignantes

Car il y a les normes, les contraintes ou encore le temps passé dans son bureau à cause d'une lourdeur administrative : "On nous demande beaucoup de choses. Toujours faire vert, plus vert que vert. Tous les ans, on change les normes, ça fait baisser nos rendements. Du coup, on gagne moins d'argent."

L'exploitant ne se verse aucun salaire. Pire, chaque cochon vendu lui fait perdre de l'argent. "Ils partent à l'abattoir à 100 kg et j'ai été payé 143 euros. Sauf qu'il m'a coûté 150-155 euros à produire. Il me manque 5 à 10 euros pour en vivre", explique-t-il dépité.

Et si la crise perdure, "on va mourir", insiste cet éleveur qui lance un appel au patriotisme alimentaire.