La révolte contre le régime des Mollahs se poursuit en Iran. Près de deux semaines après le début du mouvement, la répression devient de plus en plus violente. Car le régime est prêt à tout pour détruire tout mouvement de contestation, à l'instar des manifestations en 2022. Nazila Maroufian, jeune journaliste en exil à Paris désormais, a été emprisonnée durant de précédentes manifestations. Elle raconte son incarcération au micro d'Europe 1.
La révolte en Iran tourne au carnage. 18 jours après le début des manifestations, les Mollahs auraient déjà tué entre 12 et 20.000 personnes selon des sources citées par la chaîne américaine CBS ce mercredi matin. Des milliers de civils ont été interpellés et certains ont été condamnés à la peine de mort.
Un enfer qui rappelle celui d'autres jeunes Iraniens qui, en 2022, avaient manifesté après la mort de la jeune Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans arrêtée quelques jours auparavant par la police des mœurs pour "port de vêtements inappropriés".
"J'ai subi des violences physiques, des violences sexuelles"
C'est le cas de Nazila Maroufian, journaliste iranienne en exil en France depuis octobre 2023. A l'époque, elle publie des articles qui remettent en cause la version officielle du régime sur la mort de la jeune femme et proteste en retirant son voile, ce qui lui a valu cinq arrestations.
Sur son bras désormais, figure un numéro : 209 23. Il correspond à sa cellule dans la prison d'Evin, dans laquelle elle est restée enfermée plusieurs mois à l'isolement. "J'ai subi des violences physiques, des violences sexuelles. Mais ça peut être pire que ça", confie-t-elle au micro d'Europe 1.
Pour forcer les prisonniers à passer aux aveux, le régime simule leur exécution à mort. Nazila, les larmes aux yeux, se rappelle aussi des autres sévices subis par ses codétenus.
Un combat qui continue, même à l'étranger
"Quand j’étais à la prison d’Evin, j’ai rencontré une fille qui a été transportée trois fois à l’hôpital, elle a dit qu’ils l’ont forcée à prendre des médicaments, et ils utilisent les chocs électroniques", raconte-t-elle. Des violences physiques, sexuelles, mais aussi psychologiques, le régime n'hésitant pas à faire pression sur les familles.
"Ils ont forcé ma famille pour aller dans le bureau de renseignement et aujourd'hui, ils menacent toujours ma famille, notamment mon petit frère", conclut Nazila Maroufian. Même en exil, la jeune journaliste est toujours intimidée par le régime. Mais elle l’affirme : elle continuera de résister.