Plus de 7.000 agriculteurs, dont 4.000 français, réunis aujourd'hui à Bruxelles. C'est le décompte de la police belge. Un cortège et un millier de tracteurs stationnés près du Parlement européen pour dire non au projet d'accord de libre-échange entre l'UE et les pays sud-américains du Mercosur.
En réponse à de nombreux points de crispation, plusieurs milliers d'agriculteurs se réuniront ce jeudi midi à Bruxelles, siège de la plupart des institutions de l'Union européenne, pour une manifestation d'ampleur.
Les manifestants étaient déterminés à faire plier la Commission européenne à deux jours d'une potentielle ratification du traité et quelques tensions avec les forces de l'ordre.
"On a un sentiment d'inachevé"
Un épais nuage de fumée noire devant le Parlement européen. Pneus et palettes en feu, jet de pommes de terre et canon à eau, policiers et quelques agriculteurs belges face à face. Mais dès l'arrivée du cortège européen composé de membres de la FNSEA et des jeunes agriculteurs, tir de gaz lacrymogène, Pierre a les yeux rougis. "On vient de se faire gazer, gratuit, on ne l'a pas vu arriver. On a vu les bonbonnes rouler à nos pieds, on s'est dit 'c'est bien, on s'en va'. Ce n'est pas très agréable. On a un sentiment d'inachevé, on fait de la route, on vient pour essayer de se faire entendre. Et au final, on est considéré comme du bétail", ajoute-t-il.
Tout au long de la journée, un hélicoptère a survolé le Parlement européen. Des exploitants agricoles repartent déçus, bien que le chef de l'État a réaffirmé que la France n'était pas prête à signer l'accord UE-Mercosur. "Est-ce qu'on peut vraiment se fier à ce que M. Macron nous dit ? Pour moi, c'est un non-événement. C'est une évidence qu'il ne peut pas être signé le traité. En tant qu'agriculteur, on n'est pas des délinquants, on est peut-être les derniers honnêtes gens. Puis on est assaillis de toutes parts, des taxes, des charges, des lois, des normes, il y en a ras-le-bol".
Des tracteurs qui sèment la capitale belge, toute sirènes hurlantes, laissant derrière eux des monticules de pommes de terre en signe de protestation.