Un caddie presque vide, pour éviter d'être à découvert à la fin du mois. Le chariot que pousse Thibault dans les allées de ce supermarché de Sélestat, en Alsace, est symbolique de ses difficultés à boucler les fins de mois. "Pas de poisson, c'est très cher, les gâteaux tout ça aussi c'est cher... Alors je fais sans", explique-t-il au micro d'Europe 1. "On travaille pour rien, on survit quoi, c'est tout."
"Gâteaux éco+"
Se contenter du strict minimum, il n'est pas le seul à le faire. Romain, alternant, se dirige vers les "gâteaux éco+" et évite lui aussi "tout ce qui est poisson". Quant à la viande, il se limite au poulet parce qu'il "est moins cher au kilo".
En un an, le prix du café est monté de 27,6 % et celui du chocolat de 21,6 %, selon l'Observatoire société et consommation (ObSoCo). Alors forcément, au moment de passer en caisse, le ticket peut faire office de dur retour à la réalité. "Ça pique, ça fait mal", confie un autre Alsacien.
Profiter des promotions
Mais Marie, sa compagne, a plus d'un tour dans sa poche, et face aux difficultés, elle multiplie les techniques pour pouvoir manger à chaque repas. Elle "profite vraiment des jours spécifiques de promotion" et s'est armée d'une appli. "Dès que j'ai une dépense, je la rentre dedans, comme ça à l'instant-T je sais ce qu'il me reste sur le compte, ce que je ne faisais pas il y a 10 ans."
Ces Alsaciens ne sont pas les seuls à se restreindre : selon une étude réalisée par la Fondation Jean Jaurès, "37% des Français déclarent devoir restreindre leurs dépenses alimentaires pour des raisons économiques ; 11 % évoquent des restrictions importantes, et un Français sur dix est confronté à une véritable précarité alimentaire".