L'inflation fait son retour dans l'Hexagone avec une hausse généralisée des prix attendue de 2,7% d'ici à la fin de l'année. Certains secteurs, notamment l'alimentation et l'énergie, risquent d'être particulièrement concernés.
Certains la croyaient, vraisemblablement à tort, derrière nous. Et pourtant, cette rentrée 2026 est bel et bien marquée par un retour en force de l'inflation qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages. Exemple le plus spectaculaire : le prix du gaz qui s'envole avec +5,6% de hausse depuis ce mardi 1er septembre mais aussi les tarifs à la pompe, établis à 2,06€ en moyenne pour le SP-95 et jusqu'à 2,22€ pour le diesel.
On peut également citer les prix de l'alimentation qui devraient augmenter de 1,6% d'ici à décembre 2026 selon l'Insee pour une hausse totale depuis janvier 2021 de... 21%. Au global, les experts tablent sur une inflation à 2,7% à la fin de l'année civile. Comment expliquer ces chiffres peu réjouissants ?
Des stocks de gaz au plus bas
S'agissant du gaz, les consommateurs pâtissent des stocks au plus bas depuis cinq ans en Europe. Remplis à 59% en moyenne, avec des disparités selon les Etats, ils devraient théoriquement à cette période de l'année tourner autour de 74% de taux de remplissage. Pas de risque de pénurie en vue, mais des tarifs largement revus à la hausse du fait de la "rareté" du produit. Et le blocage du détroit d'Ormuz, consécutif à la guerre au Moyen-Orient, n'arrange rien. Les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) sont à l'arrêt et les récentes reprises des frappes entre Washington et Téhéran n'augurent rien d'encourageant.
Un conflit qui pèse aussi sur le portefeuille des automobilistes avec un prix du baril de brent rehaussé à 93 dollars. De quoi craindre une nouvelle augmentation des prix à la pompe, déjà très élevés.
Sécheresse et canicule
En ce qui concerne l'alimentation, il faut plutôt se tourner du côté des températures caniculaires qu'a connu l'Hexagone cet été. Notamment s'agissant des produits frais (+5,8%) qui ont particulièrement souffert de la chaleur et de la sécheresse. À l'inverse, d'autres produits comme le chocolat ou le sucre ont vu leur cours baisser ces derniers mois mais les prix ne baissent pas pour autant en rayon. Pour Marc Touati, la faute revient aux distributeurs qui refusent de rogner sur leurs marges. "Même si les prix baissent, ils veulent vendre au prix auquel ils ont acheté leurs stocks", c'est à dire lorsque les cours étaient élevés, poursuit l'économiste sur Europe 1.
Sans compter que le gazole agricole va lui aussi augmenter en raison du conflit au Moyen-Orient, ce qui pourrait se traduire mécaniquement par des prix plus élevés en rayons.
La hausse des prix, "un peu comme la météo"
Pour les ménages, les effets d'un retour de l'inflation s'avèrent particulièrement délétères : "baisse du pouvoir d'achat, baisse de la consommation, moins de croissance, moins d'emploi, plus de chômage...", énumère Marc Touati pour qui la hausse des prix "est un peu comme la météo" : "Vous avez les températures affichées et les températures ressenties. Eh bien pour l'inflation, c'est pareil car si, au global, la hausse est contenue, elle est très importante pour tous les biens qu'on achète au quotidien notamment l'énergie et l'alimentation".
Pour l'économie française, l'inflation est aussi synonyme de hausse des taux d'intérêt et donc d'augmentation de nos crédits. Ce qui se traduit in fine par "moins d'investissement" avec "un impact direct" pour les Français.