Bercy dans la tourmente. Cette semaine, Bruno Le Maire va réviser à la baisse la prévision de croissance - 1,4% initialement - pour 2024. Avec un chiffre probablement situé sous 1%, les recettes vont baisser et l’équation budgétaire risque de tourner au casse-tête pour le gouvernement. L’objectif de ramener le déficit public à 3,7% du PIB en 2024 afin que la France respecte la trajectoire de réduction du déficit public présentée à la commission européenne ne peut désormais être tenu qu’au prix de 15 milliards d’économies supplémentaires, en plus des 12 initialement prévus.
Chaque tentative d'économie se heurte à une levée de boucliers
Autant dire que c’est mission impossible dans une France où chaque tentative d’économie se heurte à une levée de boucliers. On l’a vu quand le gouvernement a supprimé, avant de rétropédaler, l’aide fiscale sur le gazole non routier (GNR) pour les agriculteurs.
Pour François Ecalle, spécialiste des finances publiques, imposer à la France une cure d’austérité visant à économiser une trentaine de milliards d’euros n’est ni envisageable ni même vraiment nécessaire : "Ce que disent les règles européennes, c’est qu’il faut tenir les objectifs de dépense mais les objectifs d’évolution du déficit sont devenus plus secondaires. Il faut faire les 12 milliards , un peu plus peut-être mais pas essayer de garder coûte que coûte l’objectif de déficit quand la conjoncture est mauvaise."
Où trouver 12 à 15 milliards d’euros d'économies ?
12 à 15 milliards d’euros d’économies, cela reste énorme. Où les trouver ? Pour le député Renaissance Louis Marguerite, il n'y a aucun tabou. "50% de la dépense publique, ce sont des dépenses de santé de soins, de prestations sociales, il n’est pas interdit de s’imaginer qu’on puisse chercher une moindre indexation, c’est-à-dire ce qu’on appelle une sous-indexation, c’est-à-dire qu’on indexe quand même la prestation mais pas au niveau toujours de l’inflation", explique-t-il.
Cette année, l’indexation des pensions de retraite sur l’inflation va coûter 14 milliards d’euros. Il existe d’autres pistes pour faire des économies : diminuer le crédit impôt recherche (CIR) pour les entreprises qui coûte sept milliards d’euros par an à l’État. Les aides à l’apprentissage, également très coûteuses, pourraient être recentrées vers ceux qui en ont le plus besoin. Enfin, Bruno Le Maire veut réduire la durée d’indemnisation des seniors au chômage.