Face à la hausse des prix des carburants, Bercy réunit les distributeurs pour éviter toute hausse abusive des marges. Si le pétrole recule après l'accalmie au Moyen-Orient, les automobilistes pourraient devoir attendre avant de voir les prix baisser à la pompe.
Nouvelle réunion de crise à Bercy ce matin. Le ministre de l'Industrie, Roland Lescure, a réuni les principaux distributeurs de carburants afin de s'assurer qu'aucun acteur ne profite des tensions géopolitiques au Moyen-Orient pour augmenter ses marges.
Cette vigilance intervient alors que les prix des carburants ont de nouveau dépassé les 2 euros le litre dans certaines stations-service la semaine dernière.
Depuis vendredi, aucun nouveau bombardement américain n'a été signalé en Iran. Cette accalmie a entraîné une détente sur les marchés pétroliers. Le cours du Brent reculait d'environ 7 % ce matin, autour de 90 dollars le baril. Une évolution encourageante, mais qui ne signifie pas pour autant un retour durable à la normale.
Une baisse encore fragile
Pour Salomée Ruel, professeure de management logistique à l'EMLV Business School, les incertitudes restent nombreuses.
"Ce n'est pas vraiment une normalisation qui est en train de se passer. Le trafic dans le détroit d'Ormuz reste très perturbé. Tant que les navires ne circulent pas normalement, on garde une prime de risque sur le transport, l'assurance maritime et la disponibilité du pétrole réellement livrable."
Selon elle, la baisse actuelle pourrait donc n'être que temporaire si l'accalmie militaire ne s'accompagne pas d'une véritable désescalade diplomatique.
Pourquoi les prix restent élevés à la pompe
Même si les cours du pétrole poursuivaient leur baisse, les automobilistes ne verraient pas immédiatement la différence en station-service.
En raison des délais d'approvisionnement et de commercialisation, il existe généralement un décalage d'environ deux semaines entre l'évolution du prix du baril et son impact sur les tarifs affichés à la pompe. Autrement dit, une baisse durable du pétrole ne se traduit pas instantanément sur la facture des conducteurs.
Bercy veut éviter toute hausse injustifiée
Dans ce contexte, le gouvernement entend maintenir une surveillance étroite des distributeurs afin de vérifier que les prix pratiqués reflètent bien l'évolution des coûts d'approvisionnement.
L'objectif est d'éviter que les tensions internationales ne servent de prétexte à des augmentations injustifiées pour les consommateurs.