Après sa réunion avec les chefs de parti, Emmanuel Macron maintient pour l'heure les dispositifs d'aide destinés aux Français et aux secteurs les plus touchés par la hausse des carburants. Mais face à une crise énergétique qui pourrait durer, les oppositions réclament davantage de mesures pour protéger le pouvoir d'achat.
La réunion entre Emmanuel Macron et les chefs de parti, ce vendredi matin, a été consacrée à la crise des carburants, que le président de la République attribue intégralement aux guerres. Les aides déjà existantes pour les gros rouleurs et les secteurs les plus pénalisés sont prolongées. Des adaptations seront évoquées lors d'une réunion à Matignon lundi.
Mais à ce stade, pas question d'aller plus loin. Les oppositions sont partagées ce vendredi soir entre inquiétude face à la situation internationale et crainte pour le pouvoir d'achat.
"Nous ne pouvons pas être exclusivement gouvernés par la peur"
Seul Édouard Philippe, le candidat Horizons, salue une initiative utile et importante. "Je partage totalement la préoccupation exprimée par le président de la République et je partage également sa très grande détermination à faire en sorte que la France soit prête", assure-t-il.
Pour le reste de l'opposition, la réponse gouvernementale est surtout très insuffisante. "Il n'y a pas, malheureusement, de scénario de désescalade, mais nous ne pouvons pas être exclusivement gouvernés par la peur", clame Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.
"On ne peut pas tout subir"
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, déplore un grand oubli : les conséquences directes sur le quotidien des Français. "La situation internationale est loin d'être rassurante. Le président n'a apporté aucune réponse sur le pouvoir d'achat ou sur la question des taxes sur les carburants", souligne le patron du RN.
Bruno Retailleau, lui, propose des mesures pour faire baisser le prix des carburants, en annulant par exemple les certificats d'économies d'énergie. "On ne peut pas rester sans rien faire parce que les conséquences risquent d'être durables. On ne peut pas tout subir", insiste le président des Républicains.
Dans le reste de la gauche, Manuel Bompard alerte sur un "état d'urgence sociale", tandis que Marine Tondelier se dit surtout très inquiète concernant les entreprises de déstabilisation de Moscou.