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Réunion des chefs de partis à l’Elysée : Emmanuel Macron met en scène les patrons du renseignement

Emmanuel Macron serrant la main de la cheffe de la DGSI, Céline Berthon, en 2025. [Yoan VALAT / POOL / AFP]

Le chef de l'État convoque les chefs de parti dans une salle hyper sécurisée sous les jardins de l'Élysée, où seront aussi présents les patrons des renseignements français. Objectif, crédibiliser son argumentaire sur la hausse des prix des carburants, qui cristallise aujourd'hui une tension politique et populaire.

Emmanuel Macron donne rendez-vous, ce vendredi 18 septembre, aux chefs des partis politiques et candidats à la présidentielle. Une réunion au sommet dans la salle Véga, salle hyper sécurisée située sous les jardins de l’Élysée. Autour du président, ont été convoqués les principaux patrons du renseignement français : DGSE, DGSI, direction du renseignement militaire, secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale.

Une mise en scène qui a un objectif : montrer que le chef de l'État n'est pas responsable de la hausse des prix du carburant, qui provoque blocages et mouvements populaires à travers la France.

Une proximité rare entre le président et les renseignements

Selon l'Élysée, c'est la dégradation de la situation internationale qui motive cette convocation. Car la présence des chefs du renseignement, c’est l’argument d’autorité d’Emmanuel Macron. Les maitres-espions du président seront autour de la table et pourront répondre aux questions posées par les chefs de parti.

L’occasion pour le président d’accréditer l’idée qu’il n’y est strictement pour rien dans l’augmentation des prix des carburants. La faute à l'instabilité au Moyen-Orient et notamment au détroit d'Ormuz, rappelle le gouvernement.

Quel que soit le degré de vérité à cette affirmation, la question de la crédibilité de la parole présidentielle se pause. Sont-ce réellement les analyses du renseignement français ? Ou bien la validation par les services de renseignement de la pensée du président ?

En interne, certaines voix s’agacent d’une possible utilisation du renseignement à des fins politiques. Pendant dix ans, Emmanuel Macron a entretenu un rapport de proximité inédit et direct avec les patrons de service. Une position qui tranche avec ses prédécesseurs : Jacques Chirac, par exemple, aimait confier à ses conseillers que le renseignement était "un nid à emmerdements".