Alors que les résultats du dernier classement PISA montrent un décrochage inédit des élèves français, l'OCDE met en avant un facteur particulièrement préoccupant : l'évolution de l'usage des écrans et des réseaux sociaux chez les adolescents. Invité d'Europe 1 Bonjour, Éric Charbonnier, expert en charge de l'éducation à l'OCDE, détaille les raisons de cette baisse de niveau.
Les résultats du classement PISA publiés par l'OCDE dressent un constat alarmant sur le niveau des élèves français de 15 ans. En compréhension de l'écrit comme en mathématiques, la France enregistre une nouvelle baisse après celle observée lors du précédent cycle d'évaluation.
Invité d'Europe 1 Bonjour, Éric Charbonnier, expert en charge de l'éducation à l'OCDE, s'est dit surpris par l'ampleur du phénomène. "On ne s'attendait pas à une chute aussi violente dans le système éducatif", explique-t-il.
Les réseaux sociaux dans le viseur
Selon l'expert, l'une des explications possibles réside dans la transformation des usages numériques. "Les écrans ont un impact dans les résultats", affirme-t-il au micro d'Alexandre Le Mer. L'étude met notamment en évidence un changement de comportement des adolescents face à la lecture et aux exercices nécessitant un effort de concentration prolongé. Les élèves auraient davantage tendance qu'en 2018 à échouer face à des énoncés longs nécessitant réflexion et analyse.
Éric Charbonnier relève également une évolution des pratiques numériques : les adolescents utiliseraient désormais davantage leurs écrans pour fréquenter les réseaux sociaux que pour s'informer ou produire du contenu. "Les ados de 15 ans utilisent les écrans différemment", souligne-t-il, citant notamment TikTok et Instagram.
L'exemple de l'Estonie
L'OCDE ne plaide toutefois pas pour un rejet global du numérique. L'expert cite l'exemple de l'Estonie, où l'éducation au numérique est davantage intégrée au système scolaire. Selon lui, les meilleurs résultats sont observés lorsque les enseignants sont formés et que les élèves apprennent à utiliser ces outils à des fins pédagogiques.
Face à cette situation, Éric Charbonnier appelle à une réflexion collective sur les réseaux sociaux et sur la façon d'encadrer ces nouveaux outils devenus omniprésents dans le quotidien des adolescents.