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Classement Pisa : comment expliquer la domination asiatique années après années ?

[Ed Jones / AFP]

Le classement Pisa 2026 a de nouveau souligné la domination de l'Asie en terme de performance éducative. Les élèves asiatiques sont globalement meilleurs que leurs homologues du reste du globe dans quasiment tous les domaines. Une réussite qui s'explique par plusieurs facteurs et qui comporte certaines limites.

L'écart paraît abyssal. Ce mardi 8 septembre, le classement Pisa a de nouveau accouché d'une réalité difficile à accepter mais pourtant bien réelle : la France est à la traîne en matière d'éducation. Pire encore, les résultats des élèves tricolores sont parmi les plus faibles jamais enregistrées par l'enquête. Un constat alarmant et un fossé qui se creuse encore davantage avec l'Asie qui, sans surprise, truste les premières places. 

Il faut dire qu'années après années, les pays asiatiques s'imposent comme des modèles de réussite scolaire. Le classement 2026 place la Chine, Singapour et Macao en tête, suivis par Taïwan et le Japon, le premier pays européen étant l'Estone (7e), loin devant la France (24e). Avec 483 points au global, l'Hexagone se situe un petit point en-dessous de la moyenne des pays de l'OCDE. C'est en mathématique que la chute est vertigineuse pour la France avec une triste 34e place (458 points) dans un classement là encore outrageusement dominé par l'Asie avec le même quintet de tête. 

Statut social et rémunération

Pour expliquer un tel écart, il faut se plonger dans les méthodes assez différentes du système scolaire asiatique avec notamment celle dite de Singapour. Une méthode qui repose sur l'apprentissage par des exemples concrets - pour les mathématiques en premier lieu - avant de passer à l'abstrait. L'accent est mis sur le calcul mental et l'utilisation du boulier - assez anachronique dans la société hyperconnectée de la cite-État - est pourtant très répandue pour appréhender visuellement les concepts mathématiques. 

En Asie, le statut social du professeur est également bien plus valorisé avec des salaires suffisamment attractifs. A Singapour par exemple, les enseignants jouissent du même niveau de rémunération qu'un juriste ou un ingénieur depuis une loi votée en 1997. Et les élèves les plus en difficulté bénéficient d'un accompagnement adapté de manière à réduire les inégalités au sein d'une même classe. Les cours du soir sont bien plus généralisés qu'en Europe et certains parents se dévouent corps et âme dans l'éducation et la réussite scolaire de leurs enfants.

Forte pression sur les élèves

Autant de facteurs qui conduisent les pays asiatiques vers l'excellence scolaire mais qui comportent quelques limites. Les élèves y sont souvent plus anxieux que dans les autres pays de l'OCDE et y subissent une pression liée à leur résultat bien supérieure. En 2019, 78% des élèves chinois disaient craindre la réaction de leur entourage s'ils venaient à échouer dans un domaine, rapporte Le Parisien. C'est 22 points de plus que la moyenne des pays étudiés. Le bien-être des élèves n'est pas toujours pris en compte dans les pays asiatiques et le classement Pisa - qui consacre un volet spécifique à cet aspect - le démontre généralement. Les pays qui trustent les premières places ne sont pas toujours ceux où les élèves sont le plus heureux.