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«On ne les a pas formés à résoudre des problèmes difficiles» : pourquoi le niveau de mathématiques des élèves français continue-t-il de baisser ?

La baisse des résultats scolaires aura des conséquences sur le marché du travail. [Pexels ]

Les résultats du classement PISA dressent le constat alarmant pour l’école française d'un niveau en mathématiques qui continue de chuter pour les élèves de 15 ans. Face à cette dégradation, certains enseignants pointent du doigt une baisse des exigences et une organisation des classes qui ne permettrait plus à tous les élèves de progresser.

Le constat est préoccupant. En France, le niveau des élèves en mathématiques ne cesse de reculer. Le classement international PISA, publié tous les trois ans et qui évalue les compétences des élèves de 15 ans dans 90 pays, met notamment en évidence l’ampleur des difficultés françaises.

En 2003, 16,6 % des élèves étaient considérés comme très faibles en mathématiques. En 2025, cette proportion atteint désormais 36 %. Malgré les réformes qui se succèdent au ministère de l’Éducation nationale, la dégradation du niveau se poursuit.

Pour Grégory Boublil, professeur de mathématiques en prépa HEC, cette baisse s’explique notamment par un recul des exigences scolaires. "On rend tout simple parce qu’on n’a pas envie de confronter les élèves aux difficultés. On ne donne plus de travail à la maison. Les devoirs à la maison sont faits pour que l’élève retravaille ce qu’il a vu en classe. Et s’il ne retravaille pas ça, il ne peut pas prendre de recul non plus. Ce n’est pas les élèves qui sont intrinsèquement devenus moins bons, c’est qu’ils ont été formés à l’être. On ne les a pas formés à résoudre des problèmes difficiles".

"casser l’hétérogénéité des classes"

L’organisation des classes serait également en cause. Pour l’enseignant, l’hétérogénéité trop importante entre les élèves peut empêcher chacun de progresser dans de bonnes conditions. 

"Il faut accepter la sélection, il faut casser l’hétérogénéité des classes qui est pour moi un gros problème. Si on a dans une même classe un tiers d’élèves qui sont en grosse difficulté, un tiers d’élèves qui sont moyens et un tiers d’élèves qui sont bons, il y a forcément un tiers qui va être largué et un tiers qui va s’ennuyer", a-t-il expliqué.

Pour inverser cette tendance, Grégory Boublil estime également nécessaire de mieux former les professeurs de mathématiques et de les accompagner tout au long de leur carrière. Car derrière la baisse des résultats scolaires aura des conséquences sur le marché du travail. 

Une érosion durable du niveau en mathématiques pourrait, à terme, entraîner une perte de talents dans des secteurs essentiels comme le nucléaire, la défense ou encore l’intelligence artificielle.