Touchés de plein fouet par les vagues de chaleur successives et la sécheresse, les agriculteurs réclament des aides gouvernementales pour maintenir leur exploitation à flot. Certains anticipent déjà les prochaines canicules et s'inquiètent des risques sur le long terme.
Les fortes chaleurs sont de retour sur une partie du territoire. Vendredi 4 septembre, Météo-France place cinq départements du Sud en vigilance orange canicule. Avec ces épisodes caniculaires à répétition, la sécheresse met à mal les récoltes.
Un plan d'aide sera dévoilé dans la matinée de vendredi pour soutenir les filières agricoles fragilisées. Des annonces attendues par de nombreux agriculteurs, comme Martin Huyghe, installé à la Ferme de Rezy, en Seine-et-Marne.
Des dégâts colossaux
Dans les lignes clairsemées de son champ de maïs, Martin Huyghe ne peut que constater les ravages de la sécheresse. "Au bout des épis, les grains ont complètement avorté. Donc le rendement maïs, pour nous ce sera au minimum 50 à 60% de perte sur l'affaire", déplore-t-il, un épi bien trop maigre pour la saison entre ses mains caleuses.
Ce manque à gagner, l'agriculteur espère le compenser très partiellement par d'autres cultures qui ont mieux résisté aux canicules successives. Mais ces dernières ont fait beaucoup d'autres dégâts sur son exploitation.
"Vous voyez nos moutons dans une prairie complètement calcinée. Tous les matins, on descend un ballot de paille ou de foin pour les nourrir, parce que l'herbe était grillée et qu'en fait, au 10 juillet, on savait bien qu'on n'aurait pas d'herbe avant début septembre", explique-t-il au micro d'Europe 1.
Des attentes sur le long terme
Pour l'heure, pas d'herbe verte à l'horizon. Martin Huyghe va donc devoir acheter du fourrage pour que ses moutons passent l'hiver. Alors que les prix ont explosé, il veut un engagement clair du gouvernement.
"On attend forcément des aides, des allégements de charges, mais ce sont des aides pour une année. Nous, ce qu'on a besoin, c'est vraiment d'une vision à long terme. Si on reprend des années climatiques difficiles comme ça, je pense qu'à terme, ce sera très compliqué", alerte-t-il.
Si la situation économique de l'exploitation ne s'améliore pas, le jeune agriculteur songe parfois à se reconvertir quand son père et associé partira à la retraite.