Les tensions s’intensifient à Ceuta, où quatre Marocains ont été interpellés samedi après des jets de pierres contre des soldats espagnols. Un nouvel incident qui intervient après l’arrivée massive de migrants dans l’enclave fin juillet et plusieurs épisodes de violences ces derniers jours.
Quatre Marocains ont été interpellés samedi après avoir lancé des pierres contre des soldats espagnols en patrouille dans l'enclave de Ceuta, qui a connu il y a un mois une entrée massive et illégale de migrants.
Cet incident survient au moment où l'enclave espagnole en Afrique du Nord connaît des tensions : manifestations antimigrants dégénérant en violences, et attaques des forces de l'ordre espagnoles par des migrants.
Un soldat blessé
Jeudi, un soldat a été blessé lorsqu'un véhicule militaire a été attaqué à coups de pierres par environ 70 migrants, dont 12 Marocains qui ont été arrêtés. Onze d'entre eux ont été expulsés au Maroc, selon la presse locale.
Le même jour, des heurts ont eu lieu sur une plage où campent des migrants, dont des effets personnels ont été incendiés. Samedi à l'aube, c'est un groupe de soldats qui patrouillaient sur le front de mer qui a été la cible de jets de pierres. Les militaires ont pris en chasse leurs agresseurs et un des soldats s'est blessé en tombant.
Des dizaines de milliers de migrants ont forcé les accès à Ceuta depuis le Maroc les 30 et 31 juillet, et bien que la plupart soient repartis, une partie - 5.000 selon le gouvernement central de gauche, 10.000 selon les autorités de Ceuta - demeure dans l'enclave de quelque 80.000 habitants, errant dans les rues et dormant dans des camps improvisés ou sur les plages.
Plus de 72.000 candidats à l'immigration
Les manifestations des habitants de Ceuta, qui demandent leur départ et dénoncent des problèmes de sécurité, ont pris de l'ampleur. Le gouvernement espagnol cherche à accélérer leur renvoi mais il doit auparavant identifier chacun d'entre eux pour déterminer qui a droit à l'asile ou peut être renvoyé, un processus qui prend du temps.
Le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner, a confirmé samedi sur X que l'Espagne avait demandé "un soutien supplémentaire" à Frontex (Agence de surveillance des frontières extérieures de l'Union européenne), à Europol et au Bureau européen d'appui en matière d'asile afin d'accélérer le traitement des dossiers.
1/ We are fully engaged at all levels to ensure the security of the Union’s external borders.
We have received a request for additional support from Spain, including from Frontex, Europol and the EUAA. We are already working on the request and will take a swift decision.— Magnus Brunner (@magnusbrunner) August 29, 2026
"Nous prendrons une décision rapidement", a indiqué Magnus Brunner, qui a ajouté que "la priorité reste de garantir le retour rapide de tous ceux qui se trouvent illégalement à Ceuta".
Plus de 72.000 candidats à l'immigration, principalement des Marocains, et majoritairement de jeunes hommes et des adolescents, avaient déferlé à pied ou à la nage sur Ceuta. Officiellement, au moins 91 personnes sont mortes dans cette traversée, dont 80 en Espagne et 11 côté marocain, mais selon des ONG marocaines, il y a des dizaines de disparus et au moins 141 morts.