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Crise migratoire à Ceuta : les services de la ville saturés par la présence des migrants

La colère ne retombe pas à Ceuta où de nouvelles mobilisations ont eu lieu ce jeudi soir. L'enclave espagnole, située sur le continent africain, est au cœur d'une crise migratoire sans précédent. [Antonio Sempere / AFP]

La colère ne retombe pas à Ceuta où de nouvelles mobilisations ont eu lieu ce jeudi soir. L'enclave espagnole, située sur le continent africain, est au cœur d'une crise migratoire sans précédent. Si l'immense majorité des 80.000 migrants est repartie, entre 3 et 10.000 d'entre eux errent encore dans ce territoire, au grand dam des autorités et de la population locale. 

Paralysie, chaos... Ce sont les mots qui reviennent quand les habitants de Ceuta parlent de leur petite ville en bord de mer, située sur le continent africain. Le centre d'accueil habituel des migrants est occupé à 200% de ses capacités. 

"Nous sommes des gens très ouverts mais nous avons subi... une invasion"

Alors, des camps de fortune voient le jour ça et là, raconte Juan Maria, un professeur de 60 ans : "C'est très impressionnant. Nous sommes des gens très ouverts mais nous avons subi... une invasion. Qui nous a détruit la vie. Les habitants sont nerveux, ils ont peur. Et puis, à la fin, comment les habitants vont-ils réagir ?"

Saturé, l'hôpital l'est également. Des centaines de migrants y sont arrivés en urgence vitale, en hypothermie ou blessés par les barbelés. Le personnel, soutenu par les ONG, est à rude épreuve. Et Janvier, 42 ans, est très inquiet. 

"Si aujourd'hui, je tombe malade par exemple, je pourrais mourir parce qu'ils ne peuvent pas m'accueillir. Il y a un embouteillage monstre à cause de ces personnes. Et ça, ce n'est pas possible. Ceuta est une ville espagnole comme les autres !". 

Cet homme qui manifeste tous les soirs raconte garder ses fils à domicile. Privés de plage, privés de parcs, où dorment désormais de nombreuses personnes en situation irrégulière.