Alors que la plupart des migrants, sur les 72.000 arrivés en juillet dernier, sont repartis de l'enclave espagnole de Ceuta, beaucoup d'entre eux sont encore présents et pourraient bien rester sur le territoire espagnol à long terme. En effet, la plupart viennent de pays en guerre.
La situation reste toujours très délicate à Ceuta. Après l'arrivée massive d'au moins 72.000 migrants en juillet dernier, une partie d'entre eux demeure dans l'enclave de 80.000 habitants, errant dans les rues et dormant dans des camps improvisés ou sur les plages, provoquant des manifestations et des affrontements.
"Face à l'invasion, nous voulons des expulsions"
Entre 5.000 et 10.000 migrants sont encore dans l'enclave de Ceuta. Le gouvernement espagnol vient de proclamer un décret pour donner un cadre juridique aux sans-papiers, précisant que les migrants sont en Espagne pour une durée temporaire indéterminée.
D'ailleurs, en ce sens, l'armée a été envoyée à Ceuta pour construire des baraquements pour les clandestins. Parmi les personnes qui sont restées à Ceuta, nombreux sont les ressortissants du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad, de la Mauritanie et du Soudan, soit uniquement des pays en guerre.
Il est donc fort probable que ces personnes tentent de décrocher l'asile. Le Maroc a-t-il envoyé ses propres migrants pour s'en débarrasser chez le voisin espagnol ? La question ne peut être écartée.
De leur côté, les riverains sont furieux car ils ont compris que cette situation allait durer des semaines, voire des mois, le temps que le gouvernement examine tous les dossiers d'asile. En signe de protestation, les riverains crient tous les soirs : "Face à l'invasion, nous voulons des expulsions !"