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Protoxyde d'azote : les policiers municipaux de Cannes seront les premiers à être équipés de détecteurs pour des contrôles de sécurité routière

Les véhicules de la police municipale, près de l'Hôtel de Ville de Cannes (Alpes-Maritimes). [Piotr Zajac / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

La municipalité se félicite d'avoir équipé ses agents de ce dispositif fabriqué par l'entreprise Olythe, basée à Aix-en-Provence. Selon le communiqué annonçant la nouvelle, un automobiliste a déjà pu être contrôlé positif à la suite d'un contrôle routier dans la nuit de vendredi à samedi.

La mairie de Cannes (Alpes-Maritimes) a annoncé samedi avoir doté sa police municipale de trois détecteurs de protoxyde d'azote pour des contrôles de sécurité routière, alors que la France vient tout juste de renforcer son arsenal juridique contre ce gaz hilarant avec la loi Ripost.

"Cannes devient la première mairie de France à doter sa police municipale de trois détecteurs de protoxyde d'azote", se réjouit la municipalité dans un communiqué. Ces dispositifs permettent d'identifier la présence du gaz "dans l'air expiré, à l'instar d'un éthylotest pour l'alcool."

De plus en plus utilisé à des fins récréatives, populaire chez les adolescents qui ignorent souvent ses dangers neurologiques (paralysie, asphyxie, irrégularité du rythme cardiaque), le gaz "altère fortement les capacités de conduite et représente un danger majeur pour la sécurité routière", rappelle la mairie.

Déjà une arrestation grâce à ce dispositif

Ce détecteur n'étant pas homologué, la verbalisation se fait sur la base d'un arrêté municipal de 2025 interdisant la vente de bonbonnes de protoxyde d'azote, reconnaît la mairie. Une manière toutefois "d'expérimenter concrètement de nouveaux moyens pour protéger les usagers de la route", souligne-t-elle.

Dans la nuit de vendredi à samedi, dix dépistages ont été réalisés. Un conducteur a été testé positif et verbalisé, précise le communiqué. 

Son véhicule a été immobilisé et le conducteur a dû attendre plus d'une heure avant un nouveau dépistage, cette fois négatif, l'autorisant à reprendre le volant, détaille la mairie. Dans ce même véhicule, un passager a été verbalisé pour consommation de protoxyde d'azote et trois autres pour détention de bonbonnes.

Un outil fabriqué par une entreprise d'Aix-en-Provence

Le détecteur, premier du genre, est fabriqué par l'entreprise aixoise Olythe, qui a salué samedi "une première utilisation rapportée en situation réelle en France" de son "analyseur respiratoire." "Cette utilisation en France s'inscrit dans la continuité des évaluations scientifiques, techniques et opérationnelles déjà menées avec différents partenaires et forces de l'ordre en Europe", souligne Olythe.

L'entreprise mettait en avant en juillet un "projet pilote" de la police danoise, qui expérimente le dépistage respiratoire du protoxyde d'azote chez les conducteurs. En France la législation vient tout juste d'être renforcée, avec la promulgation de la loi Ripost, qui durcit la répression de plusieurs infractions du quotidien, notamment l'usage détourné du protoxyde d'azote.

La loi prévoit notamment l'interdiction générale de la vente de protoxyde aux particuliers, avec une entrée en vigueur prévue au 1er février 2027.