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Protoxyde d'azote : ces bonbonnes inondent les containeurs de déchèteries et constituent un danger pour les usines de traitement

La hausse de la consommation détournée de ce gaz hilarant constitue non seulement un fléau pour la collectivité mais également pour les usines de traitement des déchets ménagers.[Maxime Fraisse / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Les sénateurs se penchent ce lundi sur le projet de loi RIPOST, visant à durcir le ton face aux "phénomènes troublant l'ordre public", notamment aux problèmes liés au protoxyde d'azote. Un fléau qui s'immisce dans plusieurs strates de la société, y compris dans les usines de traitement des déchets.

Renforcer l'arsenal législatif pour lutter contre les "phénomènes troublant l'ordre public", dont les problèmes liés au protoxyde d'azote, tel est le souhait du ministre de l'Intérieur avec l'arrivée de son projet de loi RIPOST au Sénat, ce lundi.

La hausse de la consommation détournée de ce gaz hilarant constitue non seulement un fléau pour la société, notamment en raison du grand nombre d'accidents de la route qui lui est imputé, mais également pour les usines de traitement des déchets ménagers.

Dans l'usine de la collectivité Siom, située dans la vallée de Chevreuse, la prolifération des bouteilles de protoxyde d'azote est un fléau pour l'ensemble de la chaîne de production. Alors que l'entreprise traite des centaines de tonnes de déchets ménagers provenant de 95.000 foyers de l'Essonne, ces bouteilles de gaz représentent un véritable danger pour les employés.

Des dégâts matériels importants 

Dans le centre de contrôle de l'usine, deux écrans retransmettent en direct l'intérieur de l'incinérateur, dans lequel brûlent en permanence des centaines de déchets ménagers. Un feu permanent qui irradie plusieurs fois par jour, en raison de l'explosion de bonbonnes de protoxyde d'azote. Comme le raconte Valérie Bereat, directrice adjointe de Siom, "d'un seul coup ça devient beaucoup plus lumineux sur les écrans".

Si "souvent, les bouteilles de protoxyde d'azote sont vides" et que cela engendre "peu de dégâts", lorsqu'elles sont pleines, les dégâts peuvent être bien plus importants. La directrice adjointe se souvient du jour où une bonbonne a explosé, dont la déflagration était telle que la "porte qui est doublée de béton réfractaire et qui résiste donc à la chaleur, a été coupée en deux". 

Si "souvent, les bouteilles de protoxyde d'azote sont vides" et que cela engendre "peu de dégâts", lorsqu'elles sont pleines, les conséquences peuvent être bien plus importantes. La directrice adjointe se souvient du jour où une bonbonne a explosé : la déflagration était telle que la "porte, doublée de béton réfractaire et donc résistante à la chaleur, a été coupée en deux".

Si ces dégâts matériels comptent parmi les plus importants de ces dernières années, ce type d'incident survient régulièrement. Des problèmes qui entraînent l'arrêt de la production et donc un manque à gagner pour l'entreprise, mais aussi d'importants frais de réparation, comme le confie Jean-François Vigier, président de l'entreprise. Ces dégâts ont coûté 1,5 million d'euros à Siom en l'espace de trois ans. Des frais financés par les contribuables, l'entreprise étant en partie financée par l'impôt.

Un tri quasi impossible en amont 

Pour éviter ce genre de dégradations, les employés aimeraient pouvoir extraire les bonbonnes de protoxyde d'azote des déchets ménagers. Une mission quasi impossible puisque, dans le hangar où les camions-poubelles déversent leur contenu, les bouteilles disparaissent sous une montagne de détritus.

De plus, "elles se retrouvent souvent dans des sacs noirs fermés et nous n'avons pas d'équipement à l'entrée du site qui nous permettrait de les isoler", explique Valérie Beraet. "Donc tout ce qui arrive part directement dans le four", ajoute la directrice adjointe.