Les Championnats d'Europe de natation et d'athlétisme se sont refermés ce dimanche 16 août. À l'issue de ce grand raout du sport européen, la France a totalisé 11 médailles au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, et 11 également à Birmingham. Un bilan en demi-teinte, à deux ans des prochains Jeux olympiques de Los Angeles.
L'Europe du sport avait les yeux tournés sur Saint-Denis et sur Birmingham, théâtres respectifs des championnats continentaux de natation et d'athlétisme. Une grande répétition avant les Mondiaux de Pékin en 2027, et surtout avant les prochains Jeux olympiques de 2028, à Los Angeles. Après la fin de ces deux compétitions, quel bilan tirer pour les délégations françaises ?
En natation, Léon Marchand et les pépites françaises assurent
Commençons avec l'Euro de natation organisé justement en France, au Centre aquatique olympique de Saint-Denis. À domicile, les Bleus ont empoché 11 médailles, dont quatre en or, et se placent au 4e rang dans le tableau des médailles. Un bon bilan, tout de même éloigné de celui de la Grande-Bretagne (1ère, 14 médailles dont 8 en or) ou de l'Italie (2e, 20 médailles dont 6 en or).
Très attendu, Léon Marchand a répondu présent avec ses deux premiers titres européens sur le 200 m papillon et sur le 400 m nage libre. La superstar toulousaine a aussi grandement participé à l'argent décroché par le relais du 4x200 m nage libre, et au bronze arraché sur le 4x100 m quatre nages.
De nouvelles pépites de la natation française se sont également révélées devant le public francilien, à l'image de Mary-Ambre Moluh. À 20 ans, la native de Champigny-sur-Marne a remporté l'argent sur le 50 m dos puis l'or sur le 100 m - record d'Europe à la clé -, et a contribué au sacre du relais mixte 4x100 m quatre nages. Autre révélation : le très jeune Sauveur Cristofini, 16 ans, brillant sur le relais argenté du 4x200 m nage libre.
Des résultats encourageants, d'autant que les meneurs de la délégation avaient connu des préparations tronquées. Le quadruple médaillé d'or olympique Léon Marchand, blessé aux adducteurs, a même dû renoncer à deux disciplines sur lesquelles il avait toutes ses chances. Maxime Grousset, autre star des Bleus, était lui touché au pied depuis fin juin. Cela n'a pas empêché le spécialiste du papillon de repartir avec quatre médailles autour du cou, dont deux en argent en individuel (50 m et 100 m).
En athlétisme, une 19e place anodine, mais de l'espoir pour la suite
Du côté de Birmingham, la France de l'athlétisme reste à l'inverse sur un bilan très mitigé, voire décevant. Si les Tricolores ont également récolté 11 médailles - cinquième meilleur total de cet Euro -, ils n'ont pas réussi à s'octroyer le moindre titre européen (trois médailles en argent, huit en bronze). La France termine ainsi à une anodine 19e place, distancée par l'Italie (1ère avec 22 médailles, dont 10 en or) et la Grande-Bretagne, hôte de la compétition (19 médailles, dont 9 en or).
"Le niveau a un tout petit peu progressé, mais les autres nations en Europe ont beaucoup plus progressé. Des nouvelles nations comme les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et la Finlande viennent maintenant nous battre. On n'a pas pu protéger nos places", expose Jean-Claude Perrin, ancien coach d'athlétisme et consultant pour Europe 1.
Au rayon des satisfactions, Alice Finot sur le 3.000 m steeple, Just Kwaou-Mathey sur le 110 m haies et Muhammad Abdallah Kounta sur le 400 m sont parvenus à aller chercher une belle médaille d'argent. D'autres ont réussi à monter sur la troisième marche du podium alors qu'ils n'y étaient pas forcément attendus, à l'instar d'Etienne Daguinos sur le 5.000 m ou encore Baptiste Théry à la perche.
Toutefois, de nombreuses têtes d'affiche ont déçu les supporters tricolores, et notamment Jimmy Gressier, champion du monde du 10.000 m l'année dernière, et "uniquement" lauréat du bronze sur cette distance. Gabriel Tual au 800 m et Alexis Miellet au 3.000 m steeple, tous deux champions d'Europe à Rome en 2024, ont été éliminés dès les demi-finales. On peut également citer le lanceur de marteau Yann Chaussinand, deuxième meilleur performeur mondial de l'année et seulement 9e de sa finale.
Le staff fédéral met en avant auprès de l'AFP les performances de jeunes athlètes, qui pour la plupart disputaient leurs premiers Championnats d'Europe. Adèle Gay (1.500 m), Clara Entresangle (3.000 m steeple) et Bérénice Petit (perche) se sont qualifiées en finale, une belle prouesse. Jean-Claude Perrin se dit lui impressionné par la première d'Alizée Minard au javelot : "Une discipline totalement inconnue en France, et elle fait 59 m (en finale, 5e place, ndlr). Elle est pour moi l'exemple de l'espérance." Rendez-vous est pris pour les Championnats du monde l'an prochain.