Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Petites sœurs des pauvres : «Je trouve dommage qu'on perde ces petits trésors d'amour», regrette Monseigneur Patrick Chauvet

[© Europe 1]

À l'approche de la décision du Conseil constitutionnel sur l'euthanasie et le suicide assisté, Mgr Patrick Chauvet appelle les "sages" à mesurer les conséquences du texte. Il défend la liberté de conscience des établissements catholiques et prévient que les Petites Sœurs des pauvres pourraient fermer leurs établissements en cas d'obligation de participer au dispositif.

Le Conseil constitutionnel s'apprête à rendre une décision très attendue sur la loi créant un droit à l'euthanasie et au suicide assisté. Le Premier ministre l'a saisi sur plusieurs dispositions, notamment le délai de réflexion, la protection des majeurs vulnérables et la liberté de conscience des établissements.

Invité de la Grande Interview sur Europe 1, Monseigneur Patrick Chauvet, curé de la Madeleine et ancien recteur-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, espère que les "Sages" prendront toute la mesure des enjeux du texte." Ce que j'attends, c'est que si on a longtemps eu plutôt une majorité pour l'euthanasie ou le suicide assisté, aujourd'hui, ce n'est pas si évidente", estime-t-il.

"Cette loi engage toute une anthropologie"

Pour le religieux, le débat ne peut pas se limiter à une question juridique ou médicale. "On a eu le temps de faire quand même une réflexion sur ce projet qui engage toute une anthropologie. Et la question, c'est : qu’est-ce que l’homme ?", souligne Mgr Patrick Chauvet.

Il souhaite donc que le Conseil constitutionnel examine attentivement les différentes dispositions du texte. "J'espère que les Sages vont reprendre peut-être et puis réfléchir sur tel ou tel point", poursuit-il.

La question de la liberté de conscience des établissements constitue notamment une ligne de fracture. Mgr Patrick Chauvet prend l'exemple des Petites Sœurs des pauvres, dont il défend la mission auprès des personnes âgées et vulnérables.

"Ce qui fait la beauté de ce que font ces petites sœurs, c'est que toute personne âgée, pauvre, qui est dans leurs établissements, jusqu’au dernier souffle, il y a une religieuse qui tient la main, qui est là pour la pacifier", raconte-t-il. "Ça, c'est le travail, ça s'appelle la compassion."

"Dans ce cas-là, nous fermons nos établissements"

Si la disposition concernant les établissements était validée dans sa forme actuelle, les conséquences pourraient être lourdes pour certaines structures catholiques. Mgr Patrick Chauvet évoque ainsi une possibilité radicale : "Je ne suis pas responsable des Petites Sœurs des pauvres, mais je pense que, comme elles l'ont dit, dans ce cas-là, nous fermons nos établissements, on ira ailleurs."

Une perspective qu’il regrette profondément. "Je trouve dommage qu'on perde un petit peu ces petits trésors d'amour qu'il y a dans notre beau pays de France", déplore-t-il.

Les Petites Sœurs des pauvres étant présentes dans plusieurs pays, le religieux estime qu'elles pourraient choisir de poursuivre leur mission ailleurs si elles ne peuvent plus l'exercer conformément à leurs convictions. "Si elles ne peuvent plus exercer leur ministère, leur mission, confiée par l'Église, effectivement, elles vont secouer leurs sandales et elles iront ailleurs", conclut-il.