"Une vie nous sépare" : un documentaire sur la rencontre émouvante entre un lycéen et une rescapée d'Auschwitz

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"Une vie nous sépare" est diffusé mercredi sur Canal+ Family. Ce documentaire tournée par Baptiste Atignagni, lycéen de 18 ans, retrace sa rencontre avec Denise Holstein, 92 ans, rescapée des camps de la mort durant la Seconde guerre mondiale. Une mémoire incarnée de la Shoah, à travers un lycéen qui cherche à comprendre l'ampleur de l'événement. 

Une rencontre émouvante sur Canal+ Family, mercredi soir. La chaîne du bouquet Canal+ diffuse le documentaire Une vie nous sépare. Il retrace la rencontre entre un lycéen, Baptiste Antignani, 18 ans, et Denise Holstein, 92 ans, une rescapée des camps de la mort durant la Seconde guerre mondiale. Tous deux ont fréquenté le même lycée, à Rouen. En février 2018, le jeune adolescent part en voyage scolaire à Auschwitz pour faire un travail de mémoire sur la vie de Denise, seule rescapée de la ville.

 

"Denise m'a donné sa confiance"

Mais face à l’innommable, Baptise ne ressent rien. Et de cette absence d’émotions, le lycéen a voulu en faire un film et rencontrer Denise. Un documentaire dont la forme peut parfois surprendre : un rythme lent, parfois de longs plans sans qu’un mot ne soit prononcé. Mais ce que filme Baptiste Antignani et sa coréalisatrice, Raphaëlle Gosse-Gardet, c’est la mémoire de cette survivante des camps. 

Et c’est à un véritable travail d’archiviste que s’est livré Baptiste Antignani. "Denise m'a donné sa confiance et la possibilité de fouiller tout un placard durant le tournage. J'y ai passé mes nuits, à fouiller, à lire. Elle m'a fait confiance, j'ai plongé, au sens propre, dans sa mémoire", explique le jeune homme. "Le gros du travail a été de reconstruire la famille de Denise par des photos. Comme c'est une démarche mémorielle incarnée, cela m'a pris beaucoup de temps de retrouver les photos de ses parents et comme j'étais avec elle, on se mettait dans une pièce, je lui demandais qui était qui". 

"C'est une démarche personnelle et individuelle : j'ai pas pris le temps de réfléchir sur un point de vue de masse, sur nous les jeunes. Je voulais fuir cette question de groupe, d'héritage. Il faut continuer de transmettre, des personnes de notre âge qui ne sont pas forcément de la communauté juive, qui puissent s'engager sur cette thématique".  Le documentaire sera diffusé à 20h50. 

Europe 1
Par Cyril Lacarrière, Alexandre Homar, édité par Mathilde Durand