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Une juge va enquêter sur une affaire de frais d'hôtel à Cannes de France Télévisions

Une juge d’instruction parisienne va enquêter sur plus de 110.000 euros de frais d’hôtel de luxe attribués à des dirigeants de France Télévisions, dont Delphine Ernotte Cunci, lors du festival de Cannes 2023. Le groupe public assure qu’“aucun euro d’argent public” n’a été dépensé, tandis qu’un syndicat dénonce une “somme extravagante”.

Une juge d’instruction parisienne a été désignée pour enquêter sur des frais d’hôtel de luxe utilisés par des dirigeants de France Télévisions lors du festival de Cannes 2023, dont la présidente Delphine Ernotte Cunci. L’information judiciaire pour détournement de biens publics et abus de biens sociaux fait suite à des plaintes du syndicat CFE‑CGC de l’audiovisuel, ont indiqué mercredi des sources proches du dossier, confirmant La Lettre.

Interrogé par l’AFP, France Télévisions s’est dit “parfaitement serein”, en affirmant que “pas un euro d'argent public” n’a été “dépensé” pour ces hébergements. Le syndicat évoque pourtant plus de 110.000 euros de factures réglées par le groupe au bénéfice de ses dirigeants ainsi que de deux fondateurs de Brut, partenaire de France Télévisions à Cannes. Il dénonce une “somme extravagante”, très au‑delà du plafond autorisé de 350 euros, en se fondant sur des documents publiés anonymement en ligne. 

Une méthode "courante, légale et utilisée par tous les médias" 

Depuis l’éclatement de l’affaire, France Télévisions défend la pratique du “barter” : un échange de services - ici des chambres d’hôtel - contre des espaces publicitaires invendus. Une position réaffirmée par Delphine Ernotte Cunci le 10 décembre devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Le groupe assure qu’il s’agit d’une méthode “courante, légale et utilisée par tous les médias”. 

Le syndicat avait d’abord déposé une plainte simple en février 2024, puis une plainte avec constitution de partie civile trois mois plus tard afin d’obtenir la nomination d’un juge. “Il était grand temps que la justice se penche sur ce dossier”, estime son secrétaire général Jean‑Jacques Cordival, doutant du “soi-disant échange 'Chambres d'hôtel 4 étoiles contre pub'”. L’avocat du syndicat, Me Pierre‑Olivier Lambert, affirme s’attendre à ce que Delphine Ernotte Cunci soit auditionnée dans le cadre de l’instruction.