L’audition d’Élise Lucet, mardi10 février, devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a tourné à l’épreuve de force. Questionnée sur son salaire, le "pantouflage" et les pratiques de Cash Investigation, la journaliste est restée évasive, laissant des députés peu convaincus.
L’audition d’Élise Lucet, ce mardi 10 février, par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a pris des allures de jeu du chat et de la souris.
Face aux questions du rapporteur Charles Alloncle, la journaliste vedette de Cash Investigation (France 2) a soigneusement évité plusieurs sujets jugés sensibles par les députés.
Un salaire de 25.000 euros
Dès le début de l’audition, la question de sa rémunération a cristallisé les échanges. Un salaire mensuel estimé à 25.000 euros, déjà évoqué dans la presse, a été remis sur la table. Mais celle qui s’est fait une réputation en prônant la transparence dans ses enquêtes a refusé de confirmer ou d’infirmer ce montant.
"J’ai des responsabilités, je suis exposée à l’antenne, je suis payée uniquement par France Télévisions, pour 42 ans d’ancienneté", s’est-elle contenté de déclarer, sans davantage de précisions.
Même prudence sur le sujet du "pantouflage" au sein de France Télévisions. Interrogée sur les dirigeants du groupe public qui signent de nombreux contrats avec des sociétés de production privées avant de les rejoindre, Élise Lucet n’a pas souhaité commenter ces pratiques, éludant à nouveau les questions du rapporteur.
Des techniques dénoncées
En revanche, la journaliste s’est montrée plus ferme lorsqu’il a été question des méthodes d’investigation de Cash Investigation, régulièrement critiquées et parfois qualifiées de harcèlement, notamment lors de confrontations filmées à proximité du domicile des personnes mises en cause.
"Nous n’allons jamais devant le domicile des personnes que nous souhaitons interviewer", a-t-elle assuré.
Confrontée à des extraits vidéo semblant contredire cette affirmation, Élise Lucet a maintenu sa position. "Dans cet extrait, lorsque nous sommes devant le domicile de monsieur Puech, on ne montre pas l’intérieur, uniquement la façade, et il n’est pas présent", a-t-elle expliqué.
Une justification qui n’a pas totalement convaincu les députés membres de la commission, visiblement sceptique face aux réponses apportées tout au long de l’audition.