Un médecin français raconte comment il a pu étudier le crâne d'Hitler

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Le médecin légiste Philippe Charlier a pu se rendre avec son équipe à Moscou pour analyser les restes d'Hitler. Le résultat de son étude est à voir dans le magazine "Infrarouge", mardi soir sur France 2.

INTERVIEW

Rares sont ceux, dans le monde, à avoir pu manipuler les restes d'Adolf Hitler. Une équipe de scientifiques français a pu se rendre à Moscou, où est notamment conservé le crâne du dictateur, pour analyser ces ossements, et ainsi mettre fin à 70 ans de doutes : appartiennent-ils bien au Führer ?

"La vérité historique doit sortir". Adolf Hitler est mort le 30 avril 1945. Depuis, des dizaines de théories de complot ont fleuri, affirmant par exemple que le dictateur avait en fait fui en Argentine. Moscou a tenu à en avoir le cœur net. "Pour Moscou, découvrir que les restes d’Hitler conservés depuis toutes ces années n’étaient pas les vrais aurait été une catastrophe. Mais ils y étaient prêts. Tant pis, la vérité historique doit sortir", a expliqué le médecin légiste Philippe Charlier, au micro de Philippe Vandel, dans Village Médias sur Europe 1. C'est autour de lui que s'est construit le documentaire Infrarouge : le mystère de la mort d'Hitler, diffusé sur France 2 mardi, en deuxième partie de soirée. 

Le crâne d'une femme, vraiment ? Dans les archives de l'ancien KGB, Philippe Charlier et son équipe ont découvert un morceau de crâne, simplement - presque négligemment - conservé dans une boîte à disquette. Après analyse, ils ont pu discréditer la thèse émise par un archéologue américain qui assurait que le crâne en question appartenait en fait à une femme jeune. "Sur le plan anthropologique, ça ne tient absolument pas. En faisant un diagnostic de sexe sur un crâne, on a 55% de chances de trouver le bon sexe. C’est à peine mieux que le hasard", souligne le médecin légiste. 

La thèse du suicide accréditée. Par ailleurs, le crâne présente bel et bien "un orifice de sortie de balle d’arme à feu au niveau pariétal gauche. On n'a pas d’orifice d’entrée. Ça peut être un tir par le dessous de la bouche, ou sur la partie droite du crâne au niveau temporal", avance le spécialiste. Un élément qui accréditerait donc la thèse du suicide. L'équipe de scientifiques a également eu accès à tout ce que les Russes avaient prélevé lorsqu'ils sont entrés dans le bunker, en 1945, et notamment des morceaux de sofa sur lequel le dictateur aurait mis fin à ses jours. Ils ont pu constater des éclaboussures de sang.

Les dents d'Hitler. Autre point qui permet à Philippe Charlier de conclure sur l'identification du crâne d'Hitler : les dents. L'équipe de scientifiques a eu accès aux mâchoires, et a pu comparer leurs analyses aux données historiques. À 56 ans, Hitler n’avait plus que cinq dents en état. Il souffrait d’une maladie, la parodontopathie. "On l’a d'abord identifié par ses prothèses dentaires, qui sont extrêmement spécifiques, avec des formes complètement abracadabrantesques. On a une correspondance anatomique et technologique parfaite", souligne le Français.

Le détail de cette étude est à voir dans  Infrarouge : le mystère de la mort d'Hitler, dont voici la bande-annonce :

 

 

Europe 1
Par A.H.