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«Même à mon pire ennemi, je ne lui souhaite pas de vivre ce que j'ai vécu» : le parcours incroyable du chef cuisinier Pierre Sang

Pierre Sang Boyer était l'invité d'Elisabeth Assayag ce mercredi. [Europe 1]

De la Corée jusqu'à la France, Pierre Sang Boyer a raconté ce mercredi dans "La France bouge" son adoption, son déracinement en France, son burn-out en Corée et l'ascension née grâce à Top Chef : une trajectoire de vie pas comme les autres.

Un parcours inspirant. Ce mercredi 20 mai 2026, Pierre Sang Boyer a raconté au micro d'Elisabeth Assayag sa vie tumultueuse, depuis sa naissance à Séoul jusqu'à son inscription à Top Chef. Une vie pas comme les autres qui force le respect.

Des souvenirs encore flous

"Ma vie est une conjugaison. Depuis ma naissance jusqu'à mes 7 ans et demi, j'ai vécu en Corée. Puis j'ai été adopté en France. Même à mon pire ennemi, je ne lui souhaite pas de vivre ce que j'ai vécu. C'est aussi une grande richesse", a raconté le chef.

Les souvenirs sont flous pour lui, sûrement à cause du traumatisme qu'il a vécu. Arrivé en France depuis Séoul, Pierre Sang Boyer ne parle pas un mot de français et ne connaît rien à l'Hexagone. Pourtant, à la seule vue d'un aliment en particulier, le Coréen gagne en confiance.

"C'est une image qui raconte bien mon histoire. De 0 à 7 ans, la pomme est universelle. Lorsque je vois un produit que j'ai l'impression de reconnaître, qui est la pomme française, je me dis : 'C'est chouette. Je n'ai aucun repère, mais là j'ai un petit repère visuel car c'est quelque chose que je connais'. Quand je l'ai goûtée, elle avait un goût différent", a-t-il témoigné, plein d'émotions.

"La famille qui m'a accueillie était plus qu'aimante. On m'a désiré. À l'instar d'un arbre, je me suis déraciné de la Corée pour m'enraciner en Haute-Loire. (...) C'était l'esprit village. C'est la France profonde, que j'ai appris à comprendre", a estimé le chef.

Et d'ajouter : "J'ai dû travailler deux fois plus que les autres. Je n'avais pas le choix. Je ne parlais pas français et je devais m'adapter à ma nouvelle vie."

"Lorsque j'étais en Corée, j'ai fait un gros burn-out"

Entre 21 et 23 ans, Pierre Sang Boyer retourne en Corée pour retourner sur les traces de son passé, après un BEP, un CAP et un BTS : "La Corée, c'était une partie que j'avais oubliée. J'ai eu la chance d'être contacté par un chasseur de têtes qui m'a proposé un challenge : travailler dans un établissement. J'avais toujours attendu le bon moment pour relever ce challenge."

"Lorsque j'étais en Corée, j'ai fait un gros burn-out. Pendant ma dépression, j'ai rencontré ma femme qui est aujourd'hui la mère de mes enfants, alors que je n'en voulais pas à l'origine", a retracé Pierre Sang Boyer.

Pierre Sang Boyer décide de rentrer en France. Sa femme l'inscrit alors à l'émission Top Chef, qui marquera le début de sa grande carrière : "C'est génial, c'est passionnant, mais c'est aussi complexe. J'ai eu et j'ai toujours plusieurs mentors comme Christian Constant, Paul Bocuse ou encore Laurent Plantier."

Enfin, le chef a indiqué d'où viennent son prénom et son nom. "Mon prénom Pierre Sang, c'est un clin d'œil entre la France et la Corée. Mes grands-parents français s'appellent Pierre, Sang est l'autre partie de mon prénom coréen. Boyer est le nom de famille de mes parents en Auvergne", a-t-il conclu.