Mathieu Gallet dépose un recours contre sa révocation de Radio France

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Mathieu Gallet ne pourra pas retrouver son fauteuil de président de Radio France.
Mathieu Gallet ne pourra pas retrouver son fauteuil de président de Radio France. © Thomas SAMSON / AFP
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Le recours qu'a déposé l'ancien président de Radio France auprès du Conseil d'État ne devrait pas être examiné avant plusieurs mois.

Mathieu Gallet a déposé un recours devant le Conseil d'État contre sa révocation de la présidence de Radio France, décidée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel fin janvier, a-t-on appris jeudi auprès de l'instance, confirmant une information de BFM Business.

Condamné pour favoritisme le 15 janvier. Le CSA l'avait démis de ses fonctions à la suite de sa condamnation le 15 janvier pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel (Ina) entre 2010 et 2014. "Un recours a été déposé par Mathieu Gallet le 30 mars dernier", a indiqué le Conseil d'État, qui n'a pas encore fixé la date d'examen. Ce recours n'étant pas déposé en urgence, il ne devrait pas être examiné avant plusieurs mois. Les avocats de Mathieu Gallet n'ont pas souhaité faire de commentaire.

Si la plus haute cour administrative statuait en sa faveur, le haut fonctionnaire ne pourrait pas retrouver sa place à la tête de Radio France, son successeur devant être désigné au plus tard le 14 avril par le CSA. Mais il pourrait cependant espérer toucher entre 223.000 et 270.000 euros d'indemnités, en compensation de l'interruption de son mandat.

Les avocats de Mathieu Gallet dénonçaient une pression de l'État. Après sa condamnation à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour favoritisme, Mathieu Gallet avait fait appel et refusé de démissionner de Radio France. Mais la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, avait jugé "inacceptable" son maintien et appelé l'intéressé et le CSA à "tirer les conséquences" du jugement. Après la révocation décidée par le CSA, une première, les avocats de Mathieu Gallet avaient dénoncé une pression de l'État sur l'organe de régulation de l'audiovisuel. Le CSA avait pour sa part assuré n'avoir tenu compte que de l'"intérêt général" et du "bon fonctionnement" de Radio France, lequel nécessite des relations "denses, confiantes et permanentes" entre son PDG et l'État.