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Alexis Patri
La chanteuse mezzo soprano Malika Bellaribi Le Moal, dite "la diva des banlieues" voit son autobiographie adaptée sur France 2 dans le téléfilm "Les sandales blanches", où elle est incarnée par Amel Bent. Invitée de "Culture Médias" quelques jours avant la diffusion, elle raconte son parcours difficile et hors norme.
INTERVIEW

L'histoire de Malika Bellaribi Le Moal est aussi celle de la France et des bidonvilles des années 1960 et 1970. Malgré des débuts difficiles, Malika Bellaribi Le Moal parvient à se sortir de la misère et à devenir chanteuse classique. La mezzo soprano surnommée "la diva des banlieues" a raconté sa vie dans le livre "Les sandales blanches", adapté dans un téléfilm que France 2 diffuse lundi soir à 21h. Invitée de Culture Médiaselle raconte son impressionnant parcours.

C'est la chanteuse Amel Bent qui l'incarne dans le téléfilm, même si Malika Bellaribi Le Moal l'a doublée sur les prises de chant lyrique. Le téléspectateur suit la vie de la mezzo soprano dès son enfance, dans le bidonville de Nanterre. "On avait des petites cabanes sur de la terre battue", se souvient la chanteuse. "Beaucoup de personnes qui travaillaient pour les routes et le bâtiment se construisaient des baraques en tôle et en ciment pour vivre."

Le chant découvert grâce à un accident de voiture

C'est dans ce milieu pauvre que grandit Malika Bellaribi Le Moal, avant un grave accident de voiture, qui amène l'enfant à être soignée par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. "Mon père avait une très grande confiance dans ces religieuses, car elles venaient dans les bidonvilles pour soigner les enfants et faire des piqûres et du soutien scolaire", explique-t-elle. C'est dans l'institution religieuse qu'elle va découvrir avec émerveillement le champ classique, avant le décès de son père, l'année de ses six ans.

Le téléfilm "Les sandales blanches" montre le racisme que subit très tôt Malika Bellaribi Le Moal, qui grandit en France pendant la guerre d'Algérie. "Il y avait une espèce de rejet, on me faisait comprendre que je n'étais pas comme les autres", indique-t-elle pudiquement, se souvenant que ces scènes du téléfilm lui ont "coûté quelques séances de thérapie".

Avant qu'elle ne devienne chanteuse et ne fasse carrière, Malika Bellaribi Le Moal subit encore d'autres épreuves. Lors d'un séjour en Algérie pour visiter sa famille, sa mère tente de la marier de force. Le téléfilm montre que pour s'y opposer Malika Bellaribi Le Moal choisit de perdre sa virginité et de menacer sa mère de se suicider. Une épreuve que le téléfilm a choisi de montrer moins crûment que la réalité.

Une histoire de femmes

"C'est vrai que j'ai pris une claque quand j'ai annoncé à ma mère que je n'étais plus vierge", explique la mezzo soprano. "Mais j'ai été plus crue que dans le téléfilm. J'ai dit à ma mère que ce n'était pas elle qui avait mal au cul, que c'était moi. J'étais obligée d'être très dure avec elle."

Malika Bellaribi Le Moal explique cependant avoir pardonné à sa mère, qui lui a permis de rentrer en France avec les papiers de son frère, sans se marier. "Ma mère n'avait pas le choix. Les femmes de cette époque n'ont pas fait de thérapie, elles n'ont pas pu aller à l'école", rappelle-t-elle. "Mon livre est aussi une dénonciation de ce que les femmes subissent." 

Celle qui est incarnée à l'écran par Amel Bent garde un souvenir très vif de son retour en France, à l'aéroport d'Orly. "J'ai enlevé mes chaussures et j'ai marché pieds nus sur l'herbe tellement j'étais heureuse d'être libre", sourit-elle. Ce n'est que plusieurs années plus tard qu'elle deviendra chanteuse. Une suite de son parcours à découvrir lundi soir à 21h sur France 2, dans "Les sandales blanches".