Suite à la mort d'"El Mencho", chef d'un puissant cartel tué dimanche 22 février par l'armée, le Mexique connait une flambée de violence. Face à de nombreux affrontements armés dans plusieurs États du pays, plusieurs institutions sont paralysées.
Après la mort du chef de l’un des plus puissants cartels de drogue, tué lors d’une opération militaire menée avec le soutien des États-Unis, le Mexique est secoué depuis dimanche par une vague de violences.
Paralysie partielle dans une partie du pays
En réaction à cette intervention, des membres présumés du cartel ont déclenché des troubles dans une vingtaine d’États du pays. Des individus armés ont notamment érigé des barrages sur plusieurs routes, incendiant voitures et camions afin de bloquer la circulation.
Au moins huit États sur 32 ont suspendu les cours en présentiel ce lundi. Le pouvoir judiciaire a, de son côté, autorisé les juges à maintenir les tribunaux fermés si nécessaire.
Par ailleurs, plusieurs compagnies aériennes nord-américaines ont annulé des dizaines de vols à destination de villes mexicaines. Les villes touristiques de Cancún, Guadalajara et Oaxaca figurent parmi les principales zones touchées, tout comme l’État de Basse-Californie.
Des dizaines de morts
Au total, près de 60 agents des forces de l’ordre et membres de cartel sont morts dans ces violences, selon les autorités gouvernementales. Par ailleurs, au moins 25 membres de la Garde nationale, ainsi qu’un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet, ont été assassinés lors d’attaques attribuées au Cartel de Jalisco Nueva Generación (CJNG).
Ces attaques ont eu lieu dans la foulée de l’opération ayant conduit à la mort de son chef présumé, Nemesio Oseguera Cervantes, alias "El Mencho", selon le ministre mexicain de la Sécurité, Omar García Harfuch. En réponse, Mexico a annoncé le déploiement de 2.500 soldats supplémentaires dans l’ouest du pays, une mesure qualifiée de dissuasive par le ministre de la Défense, Ricardo Trevilla.
"Environ 7.000 soldats étaient déjà stationnés dans l’État de Jalisco, la présence militaire va donc être renforcée dans cette région", a-t-il précisé, soulignant que cet État demeure le principal foyer des violences attribuées au CJNG.
À travers ces mesures, les autorités espèrent éviter une aggravation des troubles alors que la Coupe du monde de la Fifa 2026, prévue dans quatre mois et coorganisée avec les États-Unis et le Canada, approche. La ville de Guadalajara, capitale de l’État de Jalisco, figure en effet parmi les villes hôtes de la compétition.
"Faire preuve de la plus grande prudence"
La présidente Claudia Sheinbaum a appelé les Mexicains, sur le réseau social X, à "rester informés et calmes", tout en insistant sur la priorité de "protéger la population". Elle a toutefois affirmé que le "pays est en paix et calme".
De son côté, le ministère des Affaires étrangères recommande aux ressortissants français, qu’ils soient "résidents ou de passage", de "faire preuve de la plus grande prudence et de rester confinés pendant la durée de ces opérations".
Par ailleurs, il est demandé aux Français se trouvant dans les États du Michoacán, de Guanajuato, du Nayarit, de Colima, d’Aguascalientes et du Tamaulipas de suivre strictement les consignes de sécurité et les mesures de précaution diffusées par les autorités.
Dans le même temps, les États-Unis se veulent également prudents et ont appelé leurs ressortissants présents dans les zones sensibles du Mexique à "se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre", à la suite de la flambée des violences.