VIDÉO - Lacrymo et parodie de Top Gun : le meilleur du pire des clips de campagne pour les midterms

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Le candidat Dan Helmer a parodié le film Top Gun dans son clip de campagne.
Le candidat Dan Helmer a parodié le film Top Gun dans son clip de campagne. © Capture d'écran YouTube
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La campagne des élections de mi-mandat est l'occasion, pour les hommes et les femmes politiques, de faire preuve d'imagination pour leurs clips de campagne. Avec plus ou moins de réussite.
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Qui dit élection américaine dit toujours délicieux clips de campagne. Que ce soit pour faire sa promotion ou dézinguer ses adversaires, les candidats rivalisent toujours d'imagination pour produire les vidéos les plus improbables. Les midterms, qui permettront aux Américains d'élire la semaine prochaine des sénateurs, des députés mais aussi des élus locaux, ne font pas exception.

Alors que, selon l'institut Kantar Media, 4,5 milliards de dollars ont été dépensés par les hommes et les femmes politiques de tous bords pour leurs spots de campagne, dont 3,7 milliards pour les seuls clips télévisés, Europe 1 vous a sélectionné le meilleur du pire des vidéos de campagne.

Ron DeSantis, le candidat de Floride qui met en scène ses enfants

Ron DeSantis est candidat pour devenir gouverneur de Floride. Et son principal argument semble être le fait qu'il est "approuvé par Trump". Un peu léger selon ses opposants, mais l'intéressé a plutôt décidé d'en rire. Dans son clip de campagne apparaît sa femme, Casey DeSantis, qui assure qu'il a aussi une autre grande qualité : "c'est un papa génial." On voit en effet le Républicain jouer avec sa fille et raconter une histoire à son fils, avant de leur apprendre à lire. Mais c'est pour mieux "construire un mur" avec des briques en carton, conter l'autobiographie de Donald Trump, ou encore s'appuyer sur le slogan du président américain pour enseigner la lecture. Accusé d'avoir instrumentalisé ses bambins, Ron DeSantis a répliqué que ses détracteurs n'avaient "aucun sens de l'humour". On vous laisse juger.

Dan Helmer, le démocrate recalé qui parodie Top Gun

Dan Helmer était en course pour la primaire démocrate de la Chambre des représentants en Virginie. Il n'a finalement pas été désigné, mais son clip de campagne, lui, ne risque pas d'être oublié. Cet ancien pilote avait en effet décidé de parodier Top Gun, et plus précisément la scène dans laquelle l'intrépide Maverick (Tom Cruise) tente de séduire son instructrice Charlie (Kelly McGillis) avec un karaoké improvisé au milieu d'un bar. Dans son clip, sans uniforme blanc mais avec des lunettes aviateurs, Dan Helmer poussait la chansonnette pour reprocher à l'actuelle élue de la Chambre, la Républicaine Barbara Comstock, d'avoir voté contre le planning familial et l'Obamacare. Le tout se terminait dans un élan de lucidité : "Je suis Dan Helmer, j'approuve ce message et le fait de chanter faux."

Brian Kemp, "so conservative" que même Trump ne peut pas faire mieux

Brian Kemp est candidat pour être gouverneur en Géorgie. Et il est conservateur. Et il est important que tout le monde le sache. Son clip de campagne, intitulé "so conservative", ne laisse aucune place au doute. Le plus conservateur de tous y pose avec sa douzaine d'armes à feu ("que personne ne m'enlèvera"), une tronçonneuse (qui symbolise sa volonté de détruire toute régulation), et son "gros camion" ("juste au cas où je croiserai des clandestins criminels que je devrais ramener chez eux moi-même… ouais, j'ai vraiment dit ça"). Sans oublier une petite explosion digne d'un film de Michael Bay en début de vidéo.

Levi Tillemann, le candidat du Colorado qui donne (un peu trop) de sa personne

Comme Dan Helmer, Levi Tillemann n'a pas réussi à passer l'étape de la primaire démocrate pour être candidat à la Chambre des représentants dans le Colorado. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir fait des efforts. Dans son clip de campagne, l'homme politique voulait en effet dénoncer le projet de Donald Trump d'armer les professeurs des écoles. Et conseillait d'utiliser plutôt des armes non létales, "comme cette bombe de spray au poivre". "Ça ne coûte pas cher mais c'est puissant et ne risque pas de tuer un enfant", justifiait-il. "Faites-moi confiance, cela permettra d'arrêter n'importe qui." Et Levi Tillemann de joindre le geste à la parole… en s'aspergeant le visage de spray au poivre. Les yeux rouges et gonflés, le candidat s'est ensuite plongé la tête plusieurs fois dans des baquets d'eau pour arrêter les brûlures. "Ça fait terriblement mal", l'entend-on dire sur la vidéo, qui précise tout de même qu'il ne faut pas reproduire l'expérience seul chez soi.

Duncan Hunter, le Républicain vraiment très complotiste

Attaquer son adversaire dans son clip de campagne n'a rien d'étonnant pendant une élection américaine, mais certains vont plus loin que d'autres. C'est le cas du Républicain Duncan Hunter, candidat à sa propre réélection à la Chambre des représentants en Californie. L'élu a diffusé un spot de publicité dans lequel il accuse son adversaire démocrate, Ammar Campa-Najjar, d'être de mèche avec les terroristes islamiques. "Ammar Campa-Najjar veut infiltrer le Congrès", proclame la vidéo sur fond de musique effrayante. "Il a utilisé trois noms différents pour dissimuler les liens de sa famille avec le terrorisme." Le clip rappelle ensuite que le grand-père du candidat démocrate était impliqué dans la prise d'otage et l'assassinat des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich. Ce qui est vrai, et qu'Ammar Campa-Najjar n'a cessé de dénoncer. "C'est un plan très bien orchestré", proclame néanmoins une personne dans la vidéo, qui s'achève sur cet avertissement : "Campa-Najjar présente un risque pour la sécurité nationale."

M.J. Hegar, la vétéran au clip à 50.000 dollars

Ancienne pilote dans l'American Air Force, M.J. Hegar est candidate démocrate pour la Chambre des représentants au Texas. Celle qui s'est engagée en politique après avoir été blessée en Afghanistan a déboursé 50.000 dollars pour un clip de campagne très bien ficelé. Ce (faux) plan-séquence de plus de trois minutes se veut une métaphore de sa vie et de toutes les portes qu'elle a dû enfoncer pour s'en sortir. Le jeu en valait la chandelle : la vidéo a fait près de trois millions de vues et, en trois mois, M.J. Hegar a levé plus d'un million de dollars, soit trois fois plus que son opposant, le Républicain John R. Carter.

David Brill, le démocrate contre la paix des familles

Dans l'Arizona, le candidat démocrate David Brill a décidé d'utiliser son clip de campagne pour attaquer son opposant, le républicain Paul Gosar. Jusqu'ici, rien de très étonnant. Mais pour parvenir à ses fins, David Brill a demandé l'aide de six des neufs frères et sœurs de son adversaire. C'est ainsi que Grace, David, Jennifer, Tim, Joan et Gaston Gosar appellent dans la vidéo à ne surtout pas voter pour leur propre frère, estimant qu'il ne fait pas du bon travail pour ses administrés. Paul Gosar n'a pas tardé à répliquer sur CNN : "Ces supporters mécontents d'Hillary sont liés par le sang avec moi, mais comme tous les gauchistes partout dans le monde, ils mettent l'idéologie politique avant la famille. Lénine, Mao et Kim Jung Un seraient fiers d'eux. Rendez-vous chez papa et maman !" Gageons que le prochain repas de famille sera animé chez les Gosar.

Yatish Joshi, le candidat qui fait rapper l'Indiana

"Together, America works", proclame le slogan de Yatish Joshi, démocrate d'origine indienne dans l'Indiana. Pour mettre en image (et en musique) ce mantra ("Ensemble, l'Amérique fonctionne"), le candidat, qui n'a pas passé l'étape de la primaire, a choisi le rap. "Tu veux faire la différence ? Tu dois faire en sorte que ça change", proclament les paroles. Un rythme qui tranche nettement avec le style du candidat lui-même, assez âgé et plutôt très sage dans ses petites chemises à carreaux.

Michael Williams, le Républicain qui affrète un "bus d'expulsion"

Candidat en Géorgie pour être gouverneur, Michael Williams a exposé dans son clip de campagne LA solution aux problèmes de l'Amérique : un "bus d'expulsion". "Emplissons-le avec des clandestins pour les renvoyer d'où ils viennent", propose le Républicain. Une idée qui ne lui a néanmoins pas permis de passer la barre de la primaire, à laquelle il est arrivé en dernière position.