Un béluga portant un harnais a été découvert par hasard par des pêcheurs. 1:44
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Grégoire Duhourcau
Un béluga ayant possiblement fait partie d'un programme militaire russe a été découvert fin avril au large de la Norvège. "L’utilisation de mammifères marins par les armées, c’est quelque chose de très ancien", assure un historien du renseignement sur Europe 1.

Le 25 avril dernier, des pêcheurs faisaient la rencontre d'un béluga au comportement étrange dans les eaux territoriales norvégiennes. Jusque là, rien de particulièrement exceptionnel pour être notable. Mais il se trouve que ce béluga portait des sangles sur lesquelles figurait une inscription : "Equipment of St. Petersburg" ("équipement de Saint-Pétersbourg"). Ces indices laissent à penser que l'animal faisait partie d'un programme militaire russe.

Si la nouvelle peut sembler étonnante, ce type de pratique dans un cadre militaire "n’est pas complètement neuf", précise Bruno Fuligni, historien du renseignement, au micro de François Clauss sur Europe 1. "L’utilisation de mammifères marins par les armées, c’est quelque chose de très ancien. Ça a commencé pendant la Seconde guerre mondiale."

Des otaries pour repérer des sous-marins, dès la Seconde guerre mondiale

L'expert explique notamment que lors de ce conflit, la Suède avait dressé des otaries "pour repérer les éventuelles incursions de sous-marins allemands dans ses eaux territoriales". Plus tard, "à partir des années 1960", ce sont les Américains qui "ont développé un programme d’utilisation des mammifères marins pour la Navy dans l’océan Pacifique".

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Ce programme, longtemps resté secret, est désormais public. Et "les Russes ont développé quelque chose d’analogue pendant la Guerre froide". Cette découverte n'est donc pas si surprenante, selon lui. Et "s'il y a eu utilisation militaire", deux théories peuvent expliquer pourquoi l'animal a été découvert en liberté.

La première est toute simple : "C'est un animal qui s'est évadé. Ou alors, seconde hypothèse, on l’a laissé partir sciemment pour envoyer un signal. C’est ce qu’adorent faire les services de renseignement ou les officines secrètes d’armées", assure Bruno Fuligni.

Un chien avait aidé à débusquer ben Laden

Les animaux marins ne sont toutefois pas les seuls à venir en aide aux différentes armées. Par exemple, c'est un chien qui a permis aux militaires américains de repérer Oussama ben Laden avant de le neutraliser en 2011. "Le chien, c’était Avengers", plaisante Alex Jordanov, journaliste et auteur de Les guerres de l’ombre de la DGSI : Plongée au cœur des services secrets français (éd. Nouveau Monde).

"Il était équipé de toutes parts. Il avait des oreillettes, on le commandait à distance, il avait une vision nocturne, des émetteurs… C’était un chien haute technologie." Le chien en question était un malinois. "Ce sont des chiens très intelligents", souligne le journaliste. Par exemple, "il sait sauter en parachute, il sait actionner le levier pour ouvrir son parachute".