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Iran : qui sont les visages de la répression, décédés sous les balles du régime ?

[Khoshiran / Middle East Images / Middle East Images via AFP]

Plus de 3.400 manifestants ont perdu la vie en Iran, depuis le début du mouvement de protestation à l'encontre du régime des Mollahs, fin décembre, a indiqué l'ONG Iran Human Rights. Parmi eux, beaucoup de jeunes représentant l'avenir du pays, sans oublier les plusieurs milliers de personnes arrêtées et risquant la peine de mort.

Ils étaient sportifs, étudiants ou employés d'hôpital. Et depuis quelques jours, ne cessent de tomber sous les balles d'un régime des Mollahs sous pression. Bien qu'Internet ait été coupé par l'Iran, dans l'optique de réduire les possibilités de s'informer, de premières images circulent, manière de constater l'atrocité symbolisée par des cadavres amoncelés devant une morgue, près de Téhéran.

Des symboles de la diversité

L'ONG Iran Human Rights (IHR) a dénombré pas moins de 3.428 victimes chez les manifestants depuis le début du mouvement de protestation, fin décembre. Mais le bilan pourrait, en réalité, être bien plus lourd. Parmi elles, des jeunes, à l'instar de Rubina Aminian (23 ans) et Rebin Moradi (17), et des moins jeunes, comme Mehdi Zatparvar (39 ans), tous tuées par les forces de sécurité, selon des ONG.

Rubina, décrit par ses proches comme "pleine de joie de vivre et passionnée par la mode et le stylisme", ambitionnait de faire carrière à Milan (Italie) et partageait ses créations, qui rendaient hommage à la diversité ethnique de l'Iran, sur son compte Instagram. Un rêve brisé après avoir été abattue à bout portant, alors qu'elle avait rejoint le mouvement, raconte l’organisation de défense des droits humains Hengaw.

Et si ses proches se sont rendus à Téhéran depuis Kermanshah (ouest), pour identifier le corps de la jeune fille, ils n'ont pas été autorisés à organiser de cérémonie funéraire.

La crainte d'un usage massif de la peine de mort

Comme elle, Rebin, étudiant kurde habitant à Téhéran, a été tué par balles suite à des tirs des forces gouvernementales iraniennes la semaine dernière, selon Hengaw. Evoluant au sein de la Ligue juniors de football de la capitale, il était considéré comme "l'un des jeunes talents prometteurs", explique l'ONG. Même destin pour Mohammad Koohkan, 26 ans, lors de manifestations à Neyriz, cette fois dans le sud du pays.

Mehdi Zatparvar, 39 ans, avait, lui, commencé l'haltérophilie au début de l'adolescence, remportant de nombreux titres jusqu'à être sacré champion du monde de culturisme. Devenu entraîneur après l'obtention d'un master en physiologie sportive, il était un fervent défenseur des droits de la population iranienne, avant d'être tué par balles à Rasht, détaille Hengaw. 

Un douloureux événement pour la famille, également endeuillée quelques jours plus tard par le décès de son père, Majid, d'une crise cardiaque, selon un internaute se présentant comme son neveu, sur le réseau social Instagram.

Outre la répression lors des rassemblements, d'autres problématiques subsistent, comme l'impossibilité de récupérer la dépouille des défunts, ou la crainte d'un recours massif à la peine de mort pour les plus de 10.000 personnes arrêtées, selon IHR et la diplomatie américaine. Parmi eux, l'exemple d'Erfan Soltani, 26 ans, et condamné à mort sans procès.