Touristes français bloqués en Bolivie : "En deux heures, la situation a basculé dans la violence"

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© RONALDO SCHEMIDT / AFP
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Depuis plusieurs semaines, la Bolivie est en proie à une crise post-électorale qui a particulièrement dégénéré ces derniers jours. Eric Corno, responsable d'un groupe de touristes français confinés ans un hôtel de la capitale La Paz, raconte comment la situation s’est tendue très vite.
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En Bolivie, la mort d'un jeune homme de 20 ans, tué par balles lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, a un peu plus tendu la situation. Il s’agit du dixième mort, dans ces heurts qui continuent entre la police et les partisans du président démissionnaire Evo Morales. La tension est encore extrêmement vive sur place, et certains touristes français doivent rester confinés dans leur hôtel, en attendant une solution pour être rapatriés. Pour eux, la situation a tournée en quelques heures seulement.

"Dans la nuit, de suite, ça a été des tirs d’armes automatiques, des tirs d’armes à feu…"

"On est rentrés quasiment en courant, parce que les gens commençaient à s’armer pour pouvoir balancer des projectiles", raconte Eric Corno, responsable d’un groupe de touristes bloqués à La Paz. "On nous a conseillés de rentrer rapidement à l’hôtel. L’hôtel était fermé et barricadé. Ça veut dire qu’en deux heures, la situation a basculé très vite dans la violence".

"On a pu rejoindre l’hôtel, on était à 300 mètres, sans trop de difficultés. Mais dans la nuit, de suite, ça a été des tirs d’armes automatiques, des tirs d’armes à feu…", témoigne encore l’accompagnateur. "Evidemment, notre minibus qui devait venir nous rechercher le soir à 22h30 a été bloqué, dans l’impossibilité de circuler. Il n’y avait plus aucun véhicule qui pouvait circuler. L’avion a été annulé dans la nuit, finalement.

"Confinés dans l’hôtel"

"On est passé à ce moment-là d’une situation positive, agréable, une fin de voyage qui était tout à fait satisfaisante, à un basculement vers une situation insurrectionnelle, où nous sommes devenus les otages d’événements extérieures, qui nous étaient étrangers, qui nous échappaient", déplore Eric Corno. "Et à partir de là, l’impossibilité matérielle de se déplacer et de rejoindre l’aéroport et donc un confinement, là tout de suite, dans l’hôtel, pour rester en sécurité."

Jeanine Aniez, sénatrice de droite, présidente par interim auto-proclamée, a entamé la formation d'un gouvernement. Elle a été reconnue cette nuit par les Américains. Evo Moralès, réfugié au Mexique se dit prêt à revenir en Bolivie pour, dit-il, "calmer la situation".

Europe 1
Par Hélène Terzian, édité par Rémi Duchemin