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Soudan : une frappe de drone fait 32 morts au Darfour

[Ebrahim Hamid / AFP]

32 civils, dont des enfants, ont été tués dans une frappe de drone au Soudan dans l'Etat du Darfour-Nord. Hassan Khater, un résident de la ville de Koutoum, a indiqué à l'AFP dans un sms que le drone y avait frappé une maison où se déroulait un mariage.

Une frappe de drone au Soudan, sur une ville contrôlée par les paramilitaires dans l'Etat du Darfour-Nord, a fait au moins 32 morts civils, dont des enfants, ont indiqué jeudi à l'AFP une source médicale et trois habitants. L'attaque, qui a eu lieu mercredi, survient dans un contexte de recrudescence des violences à la fois de la part de l'armée soudanaise et des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis avril 2023.

Hassan Khater, un résident de la ville de Koutoum, a indiqué à l'AFP dans un sms que le drone y avait frappé une maison où se déroulait un mariage. Il a dit avoir, avec d'autres, enterré 32 victimes jeudi. Hussein Eissa, qui a également pris part à l'inhumation, a envoyé à l'AFP une liste des victimes parmi lesquelles figurent 12 enfants.

"Toutes les victimes ont été dégagées des décombres puis enterrées"

Un troisième habitant, qui a voulu rester anonyme pour des raisons de sécurité, a indiqué que la frappe avait eu lieu vers 22h mercredi et "a touché la maison à deux reprises, détruisant complètement le bâtiment". "Toutes les victimes ont été dégagées des décombres puis enterrées", a-t-il déclaré.

Le comité de résistance d'El-Facher, un collectif qui documente les exactions depuis le début du conflit, a affirmé que la frappe avait touché le quartier d'Al-Salama, l'imputant à l'armée. Une source médicale avait plus tôt dit à l'AFP que 12 avaient été amenés à l'hôpital de Koutoum. Seize personnes ont été blessées, dont des enfants. L'armée n'a pas commenté l'attaque dans l'immédiat.

Les FSR l'ont condamnée dans un communiqué, faisant état d'un bilan d'au moins 56 morts, dont 17 enfants. Ces derniers mois, des frappes de drones ont lieu quasi-quotidiennement dans tout le Soudan, en particulier dans la région du Kordofan méridional, désormais principal champ de bataille de la guerre, ainsi que dans les zones de l'ouest contrôlées par les FSR, notamment au Darfour.

"Les équipes reçoivent des patients souffrant de blessures effroyables"

La semaine dernière, les Nations unies ont recensé plus de 500 civils tués par ces attaques entre janvier et mi-mars, mettant en garde contre "l'impact dévastateur" des drones. "Les équipes reçoivent des patients souffrant de blessures effroyables", a affirmé Muriel Boursier, coordinatrice de Médecins sans frontières au Darfour, évoquant "des impacts perforants, des membres amputés, des brûlures de grande ampleur".

"L'ampleur des violences et des atrocités est insupportable", a-t-elle ajouté. La semaine dernière, une attaque de drone attribuée aux FSR a touché une salle d'opération et une maternité dans un hôpital de l'Etat du Nil-Blanc (sud), faisant dix morts, selon MSF.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 11 millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde. L'ONU a déclaré l'état de famine dans plusieurs zones, et les deux camps sont accusés d'exactions, notamment violences sexuelles et massacres, par de nombreux rapports et témoignages.