Démission du gouvernement, réforme constitutionnelle : Vladimir Poutine prépare l'avenir

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Photo d'archive © ALEXANDER NEMENOV / AFP
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Dmitri Medvedev, le Premier ministre russe, a créé la surprise en annonçant la démission de son gouvernement mercredi. "Nous devons donner au président les moyens de prendre toutes les mesures qui s'imposent", a-t-il déclaré, évoquant Vladimir Poutine.

Révision de la Constitution et démission surprise du gouvernement : Vladimir Poutine a annoncé mercredi une série de changements au système qu'il pilote depuis 20 ans, nourrissant les conjectures quant à son avenir après 2024. Une "demande de changement a clairement émergé au sein de la société", a dit Vladimir Poutine, avant une après-midi d'annonces chocs pendant et après un discours annuel devant le Parlement et les élites politiques du pays.

Lors de son allocution centrée sur les défis auxquels doit faire face la Russie tels que la crise démographique ou la pauvreté, Vladimir Poutine a proposé de soumettre à l'avis des Russes une série de réformes de la Constitution devant renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système.

Medvedev devrait devenir vice-président du Conseil de sécurité russe

Le Premier ministre Dmitri Medvedev, un fidèle de M. Poutine, a dans la foulée annoncé la démission du gouvernement, qui reste chargé des affaires courantes jusqu'à la nomination d'une nouvelle équipe. "Je veux vous remercier pour tout ce qui a été fait, exprimer ma satisfaction pour les résultats obtenus (...)  même si tout n'a pas réussi", a déclaré Vladimir Poutine.

 

Dmitri Medvedev, qui devrait devenir vice-président du Conseil de sécurité russe, a expliqué que le gouvernement devait démissionner pour "donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s'imposent". Il a souligné que les réformes constitutionnelles proposées par Vladimir Poutine modifiaient "l'équilibre des pouvoirs" dans le pays.

La démission intervient alors que la popularité du Premier ministre stagne à moins de 30% - contre près de 70% pour Vladimir Poutine - sur fond d'anémie économique et de niveau de vie en baisse. Le Kremlin a fait aussi face cet été au plus grand mouvement de contestation, vivement réprimé, depuis le retour en 2012 de Vladimir Poutine à la présidence. Les candidats du pouvoir ont essuyé dans la foulée un camouflet aux élections locales à Moscou.

Renforcer le rôle du Parlement...

Dmitri Medvedev est un proche parmi les proches du chef de l'Etat. Il a occupé de 2008 à 2012 les fonctions de président russe, Vladimir Poutine ayant dû céder la place et prendre la tête du gouvernement le temps d'un mandat pour respecter la limite de deux mandats présidentiels consécutifs, fixée par la Constitution. En 2012, les deux hommes ont de nouveau permuté, Vladimir Poutine revenant au Kremlin.

La principale réforme constitutionnelle annoncée mercredi vise à renforcer le rôle du Parlement dans la formation du gouvernement, lui donnant la prérogative d'élire le Premier ministre que le président sera alors "obligé de nommer". Actuellement, la Douma ne fait que confirmer le choix du chef de l'Etat.

Selon Vladimir Poutine, il s'agit d'un changement "significatif" pour lequel la Russie est assez "mûre". Les deux chambres du Parlement sont dominées par des forces pro-Poutine et ne s'opposent jamais aux volontés du Kremlin. Les propositions de réformes exposées par Vladimir Poutine visent aussi à renforcer les gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges de disposer d'un permis de séjour à l'étranger et à obliger tout candidat à la présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie.

... et confirmer le système présidentiel

Néanmoins, Vladimir Poutine, qui en l'état actuel de la législation n'a pas le droit de se représenter en 2024, a souligné que la Russie devait rester régie par un système présidentiel. Le chef de l'Etat conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement et nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires.

Il a également proposé de renforcer les pouvoirs du Conseil d'Etat, une institution consultative composée de divers responsables nationaux et régionaux, et de placer la Constitution russe au dessus du droit international dans la hiérarchie des normes. Ce projet de réforme du système politique sera soumis à un "vote" des Russes qui ne portera pas pour autant le nom de référendum car le cadre légal ne le permet pas, a ensuite précisé son porte-parole, Dmitri Peskov.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP