Présidentielle en Bolivie : Morales réélu, la communauté internationale hausse le ton

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Entre lundi et mercredi, des manifestants ont brûlé cinq tribunaux électoraux départementaux, tandis qu'une grève nationale a été lancée depuis Santa Cruz, bastion de l'opposition et zone la plus riche du pays.

L'Union européenne, les Etats-Unis et des pays latino-américains ont haussé le ton contre le président bolivien Evo Morales, réélu au premier tour au terme d'un dépouillement contesté, en réclamant un second tour ou en le menaçant de ne pas le reconnaître. Jeudi soir, au terme d'un long et polémique décompte, avec 99,99% des bulletins dépouillés, le Tribunal supérieur électoral (TSE) indiquait sur son site internet que le chef de l'Etat socialiste avait remporté 47,07% des voix, contre 36,51% pour son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa. L'écart est donc supérieur à 10 points de pourcentage nécessaires pour s'imposer dès le premier tour.

Le parti de Morales "vient juste de consommer la fraude" électorale, a dénoncé le centriste Carlos Mesa, président de 2003 à 2005, qui demande aux Boliviens de poursuivre la mobilisation. Il a reçu le soutien d'un collectif de partis et organisations de droite et du centre. "Nous avons gagné au premier tour", avait lancé devant la presse quelques heures avant la fin du dépouillement le président socialiste, au pouvoir depuis 2006 et en route pour un quatrième mandat 2020-2025.

Après de premiers chiffres partiels le soir du vote, dimanche, laissant entrevoir un second tour, de nouveaux résultats diffusés lundi avaient pratiquement donné la victoire au chef de l'Etat sortant, suscitant de la part de l'opposition et des observateurs internationaux des soupçons de fraude. L'Union européenne a appelé jeudi à "mettre un terme au processus de dépouillement en cours", estimant que "la meilleure option serait la tenue d'un second tour pour rétablir la confiance et s'assurer du respect du choix démocratique du peuple bolivien". De leur côté, les Etats-Unis, le Brésil, l'Argentine et la Colombie ont demandé jeudi qu'un second tour ait lieu si l'Organisation des Etats américains (OEA) ne confirmait pas le résultat du premier tour.

L'OEA, dont la mission d'observation avait fait part de sa "surprise" et son "inquiétude" face au revirement du décompte, a accepté de réaliser un audit des résultats.  Mais aucune précision sur la date et les conditions de cette mission n'avait été communiquée pour l'heure.