Pénible reprise de l'activité au Venezuela, les Etats-Unis accentuent la pression

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Juan Guaido a demandé à ses partisans de se rassembler samedi au niveau local pour continuer de préparer une marche vers Miraflores, le palais présidentiel. Photo d'illustration. © RAUL ARBOLEDA / AFP
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Vendredi, l'activité reprend lentement au Venezuela, une semaine après une panne d'électricité géante, tandis que Washington durcit ses sanctions. 

Les Etats-Unis ont accentué leur pression jeudi sur le régime de Nicolas Maduro au Venezuela, où la reprise de l'activité s'avère difficile après la panne de courant qui a paralysé le pays, y compris le secteur pétrolier.

L'eau et les transports publics, encore perturbés. L'électricité est revenue pratiquement partout, sauf dans quelques villes de l'ouest. Mais les principaux services, dont celui de l'eau et les transports publics, restent particulièrement perturbés, ainsi que l'accès à la nourriture. Le gouvernement a cependant ordonné aux écoles de reprendre le travail vendredi après une semaine d'interruption, et seulement deux jours de classe après les congés du carnaval. Selon l'association catholique pour l'éducation Fe y Alegria, près d'un tiers des enfants vénézuéliens ne vont plus à l'école, faute d'instituteurs, de transports ou parce qu'ils ont faim.

Washington durcit ses sanctions. Pour accélérer le changement de régime qu'il souhaite, Washington a ajouté 340 noms à la liste des proches du président socialiste. Cela porte à 600 le nombre de Vénézuéliens privés de visa américain depuis la fin 2018, selon un porte-parole du Département d'Etat. Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a également annoncé que tous les diplomates américains avaient maintenant quitté le Venezuela. L'administration américaine est "impatiente de revenir une fois que la transition démocratique aura commencé", a-t-il précisé.

Guaido appelle à préparer une marche sur le palais présidentiel. Les Etats-Unis, avec une cinquantaine d'autres pays, ont apporté leur soutien à l'opposant Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale qui s'est proclamé président par intérim en qualifiant Nicolas Maduro "d'usurpateur". Ce dernier s'est abstenu de convoquer une nouvelle marche à Caracas comme il l'avait fait à deux reprises en une semaine. Il a demandé à ses partisans de se rassembler samedi au niveau local pour continuer de préparer une marche vers Miraflores, le palais présidentiel. "187! 187!" a chanté la foule : l'article 187 de la Constitution autorise l'Assemblée à faire appel à une "force militaire extérieure" en cas de menace grave.

 

"700.000 barils" de pétrole perdus chaque jour. Cette nouvelle crise risque de coûter cher à toute une économie déjà à genoux. Selon la commission des finances de l'Assemblée nationale, l'inflation qui a atteint près de 54% en février, et 2,3 millions pour cents sur l'année, et va certainement encore bondir en mars. Le FMI a projeté une hyperinflation de 10 millions de pour cent sur l'année. Selon l'institut Ecoanalitica, les pertes dues à la panne s'élèvent au moins à "875 millions de dollars", a prévenu son directeur, Asdrubal Oliveros. Le secteur pétrolier, vital pour le pays, est également à l'arrêt et "perd 700.000 barils par jour", affirme-t-il.
Maduro accuse les Etats-Unis. Le président Nicolas Maduro accuse les États-Unis d'avoir provoqué la panne électrique depuis le 7 mars, en organisant une "attaque cybernétique" contre la principale centrale du pays. Pour Juan Guaido, c'est la négligence et la corruption du gouvernement qui sont responsables de ce fiasco. Pendant la panne, plus de 300 personnes ont été arrêtées dans le pays, officiellement accusées de protestation ou de pillages, a annoncé l'ONG de défense des droits humains Foro Penal.