Migrants : l'Autriche contre les demandes d'asile dans "les plateformes de débarquement"

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Sebastian Kurz, le chancelier autrichien, estime que les demandes d'asiles depuis ces plateformes seront "un facteur d'attraction". © ALEX HALADA / AFP
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Le chancelier autrichien s'est prononcé lundi contre l'option d'ouvrir aux migrants la possibilité de demander l'asile dans l'UE depuis les "plateformes régionales de débarquement".

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz s'est prononcé lundi contre l'option d'ouvrir aux migrants la possibilité de demander l'asile dans l'UE depuis les "plateformes régionales de débarquement" que les dirigeants des 28 envisagent de créer hors du continent européen.

"Je fais partie de ceux qui disent que si l'on autorise les demandes d'asile (depuis ces plateformes, ndlr), cela va créer un facteur d'attraction incroyable", a déclaré sur la radio Ö1 le chef du gouvernement, dont le pays vient de prendre pour six mois la présidence tournante de l'UE. Sebastian Kurz a ajouté que cette question avait donné lieu à des avis divergents lors du récent sommet des dirigeants de l'UE sur les migrations.

Ne pas créer une incitation à traverser la Méditerranée. Lors de cette réunion organisée en pleine crise politique sur l'avenir du droit d'asile en Europe, les responsables des pays de l'Union se sont notamment entendus pour "explorer rapidement" le "concept" encore flou de "plateformes régionales de débarquement" de migrants secourus dans les eaux internationales. Le chancelier autrichien considère qu'il serait "plus intelligent d'aller chercher directement les gens dans les zones de guerre, plutôt que de créer une incitation à entreprendre la dangereuse traversée de la Méditerranée".

Conclure des accords avec des pays africains. La question se pose également, selon Sebastian Kurz, de savoir "si, au niveau mondial, les 60 millions de personnes qui fuient leur pays doivent pouvoir déposer une demande d'asile en Europe ou bien si elles ne peuvent pas le faire ailleurs". Aucun pays tiers hors de l'UE ne s'est jusqu'à présent proposé pour héberger de telles "plateformes régionales de débarquement" dont la mise en oeuvre suscite beaucoup de doutes parmi les pays européens et sur la compatibilité avec le droit international. Le chancelier autrichien avait jugé samedi "faisable" de conclure des accord avec des pays africains en vue d'accueillir de tels lieux. Il avait également souhaité la tenue, d'ici la fin de l'année, d'un sommet UE-Afrique.