#MeToo, un an après : aux Etats-Unis, les mentalités bougent mais les résultats sont contrastés

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Si les chaînes de télévision ont décidé de mettre davantage de femmes en valeur, les Etats-Unis restent divisés sur certains sujets emblématiques, notamment l'affaire Kavanaugh.

Le 5 octobre 2017, le New York Times publiait un article sur Harvey Weinstein, ex-géant d'Hollywood, accusé d’agressions sexuelles sur plusieurs femmes. Depuis, le mouvement #MeToo a donné naissance à une série de révélations sur les violences sexuelles dont sont victimes les femmes. Depuis l'émergence de ce mouvement, devenu phénomène de société, les mentalités ont évolué aux Etats-Unis où de nombreux secteurs sont concernés de près ou de loin. Les avancées restent, toutefois, très inégales.

A la télévision, l'effet le plus visible. C'est l'effet le plus visible de la révolution #MeToo : chaque jour, quand les Américains allument leur télévision pendant leur petit-déjeuner, ce sont des femmes qui présentent les tranches matinales des plus grandes chaînes. Chez NBC et CBS notamment, les présentateurs hommes ont été renvoyés cette année à cause de leurs comportements envers leurs collègues féminines.

Jusque dans les hautes sphères du pouvoir. La vague #MeToo a aussi emporté des dizaines d'hommes de pouvoir de Hollywood à Washington, en passant par le sport ou la musique. Et elle n'a pas épargné le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh. Une de ses accusatrice, Christine Blasey Ford, a ainsi témoigné contre le juge en direct à la télévision devant des dizaines de millions d'Américains, au sujet d'une agression sexuelle qui remonterait aux années 1980.

Europe 1 se mobilise. A l'occasion du premier anniversaire du mouvement #MeToo, la rédaction d'Europe 1 se mobilise toute la semaine

Quand le président se moque d'une accusatrice du juge Kavanaugh. Mais les Etats-Unis sont divisés, notamment face à "l'affaire Kavanaugh". Le président Donald Trump, a, sur ce sujet, clairement choisi son camp. Le chef d'Etat est allé jusqu'à se moquer de la victime présumée. Faisant mine d'imiter Christine Blasey Ford, il a déclaré dans un meeting il y a cinq jours : "comment êtes-vous rentrée chez vous ? Je ne m'en souviens pas. Comment vous êtes-vous rendue sur place ? Je ne m'en souviens pas. Il y combien d'années ? Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas", a-t-il lancé. "Dans quel quartier cela s'est-il passé ? Je ne sais pas. Où est la maison ? Je ne sais pas. Au premier étage, au rez-de-chaussée, où ? Je ne sais pas. Mais j'avais bu une bière, c'est la seule chose dont je me souviens", a-t-il enchaîné.

Des hommes "vulnérables", des femmes qui "vont bien". Et de contre-attaquer : "c'est une époque effrayante pour les jeunes hommes en Amérique parce qu'ils sont vulnérables à la moindre accusation". Et à un journaliste qui lui a demandé dans quelle situation étaient les jeunes femmes ? "Elles vont bien", a rétorqué Donald Trump. Celles qui ne sont pas d'accord avec cette assertion promettent de lui répondre dans les urnes lors des élections de mi-mandat en novembre mais aussi dans la rue, en janvier prochain, lors d'une marche qui sera organisée à Washington.

Europe 1
Par Xavier Yvon, édité par Noémi Marois