Macron : la laïcité n'est pas la lutte contre la religion

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Pour Macron, la laïcité "n'est pas la lutte contre la religion, ceci est un contresens, c'est une loi de liberté, la laïcité". © AFP
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La laïcité à la française n'est pas "une lutte contre la religion", a souligné le président français, en exprimant sa vision de cette spécificité nationale, après une rencontre avec le pape François.

La laïcité à la française n'est pas "une lutte contre la religion", a souligné mardi le président français Emmanuel Macron, en exprimant longuement sa vision de cette spécificité nationale, à l'issue d'une rencontre avec le pape François.

Dans un discours inattendu d'une vingtaine de minutes devant la communauté catholique de Rome, mardi après-midi, Emmanuel Macron a souligné son attachement à la laïcité: "je tiens à ce lien un peu particulier, fruit de notre histoire et parfaitement compatible avec la France contemporaine". "L'histoire de la France fait que la République a construit son histoire un peu particulière avec l'ensemble des religions et je dirais plus spécifiquement avec l'Église catholique", a-t-il rappelé.

Macron, nommé chanoine. Pour le chef de l'État, qui a longuement abordé le thème avec le pape argentin mardi matin, la laïcité "n'est pas la lutte contre la religion, ceci est un contresens, c'est une loi de liberté, la laïcité". "C'est la liberté de croire et ne pas croire", "à condition que chacun, quelle que soit sa religion ou sa conviction philosophique, soit pleinement dans la République", a-t-il ajouté. "La séparation de l'Église et de l'État, c'est une reconnaissance d'un ordre temporel et d'un ordre spirituel", a encore défini le président français, qui venait d'aller prendre possession après une cérémonie religieuse de son titre de "premier et unique chanoine d'honneur" de la basilique Saint-Jean-de-Latran, une tradition remontant au roi Henri IV.

"Ma présence ici témoigne de ce 'en même temps'". "La laïcité ce ne serait pas une pudibonderie contemporaine qui consisterait à dire 'ne me parlez pas de religion, cachez cette religion, cette croyance que je ne saurais voir'. Elle est partout dans la société, et nous en avons anthropologiquement, anthologiquement, métaphysiquement besoin", a-t-il plaidé. "Certains trouvent ce besoin dans des convictions philosophiques, d'autres dans un agnosticisme revendiqué", a-t-il noté, ajoutant "ma présence ici témoigne de ce 'en même temps'". "Nous ne pouvons pas avancer si nous ne savons pas d'où nous venons, quelles sont nos racines profondes, nos traditions", a encore estimé Emmanuel Macron.

"La France a des racines judéo-chrétiennes", qu'elle a parfois utilisées pour "ériger un pouvoir plus sûr" à l'instar d'Henri IV et dont elle s'est aussi "émancipé" au cours du siècle des Lumières, a aussi dit le président, revenant sur le sujet au cours d'une conférence de presse en fin de journée. L'occasion de mettre en exergue le fait que la France était un pays "où la critique des religions est possible, où le blasphème est possible".