Liban : entre la crise économique et la corruption, la jeunesse tentée par l'exil

, modifié à
  • A
  • A
Beyrouth Liban explosions rues nettoyage civils décombres 1:13
Après les explosions qui ont ravagé Beyrouth, la jeunesse libanaise fatiguée envisage l'exil. (Photo d'illustration) © AFP
Partagez sur :
Au Liban, les violentes explosions survenues mardi dans le port de Beyrouth ont été le détonateur de la colère de tout un peuple contre les responsables politiques. Le pays fragilisé par une grave crise économique est également gangrené par la corruption. Sans espoir d'un redressement, la jeunesse libanaise envisage l'exil.
REPORTAGE

En visite au Liban, le président de la République Emmanuel Macron a promis de l'aide après les deux explosions qui ont ravagé le centre-ville de Beyrouth mardi. Il a également demandé des réformes au gouvernement, dans un pays fragilisé par une grave crise économique et des années de corruption. Pour la population en colère, les déflagrations ont été la catastrophe de trop. Une partie de la jeunesse est désabusée et ne veut plus attendre un éventuel redressement du Liban. Certains pensent à quitter leur pays de naissance, définitivement. Europe 1 est allée à leur rencontre. 

"On est arrivé à un point où on n’en peut plus de ce pays"

"Ce qui se passe malheureusement me pousse à partir, parce que je ne vois pas d’avenir dans ce pays", confie Kelly, étudiante en psychologie. Elle attend avec impatience la fin de sa licence pour enfin demander un Master en France. Elle envisageait de quitter le Liban depuis longtemps, comme Sarah, 20 ans. Les explosions ont été le coup de grâce. "Vous voyez des gens qui veulent vivre, qui se battent vraiment et galèrent pour ça et ils ont tout perdu en une déflagration. Mes rêves étaient d'avoir un emploi et un revenu stable, d'avoir une maison, de vieillir ici dans ce pays. Et je n’ai pas le choix maintenant, je dois partir". 

Face à la crise économique, à la corruption qui gangrène le pays, la jeunesse se sent face à un mur. Une accumulation de problèmes qui risquent de provoquer de nombreux départs. "On est arrivé à un point où on n’en peut plus de ce pays. C’est soit on le répare, soit on part par centaines", assure Michel, employé de 26 ans. "Mes parents m’ont dit 'si tu pars, on viendra avec toi et on restera là-bas pour toujours'. Ils sont prêts à vendre tout ce qui les rattache au pays, juste pour partir d’'ici." Michel pense de plus en plus à démissionner pour postuler dans une université française et retrouver ses deux sœurs, qui ont déjà fait le voyage vers Paris. 

 

Europe 1
Par Joanna Chabas, édité par Mathilde Durand