L'ex-PDG de CBS, évincé pour abus sexuels, ne touchera pas d'indemnités

, modifié à
  • A
  • A
L'enquête rapporte notamment des "abus de pouvoir délibérés" de la part de Leslie Moonves.
L'enquête rapporte notamment des "abus de pouvoir délibérés" de la part de Leslie Moonves. © ROBYN BECK / AFP
Partagez sur :
Une enquête diligentée par la chaîne a conclu que Leslie Moonves avait mal agi et que, par conséquent, il serait licencié pour "faute", donc, sans indemnités.

L'ex-PDG de CBS, Leslie Moonves, ne touchera pas d'indemnités de départ après avoir été évincé pour abus sexuels en septembre : une enquête diligentée par le conseil d'administration de la chaîne américaine a conclu qu'il avait mal agi et serait donc licencié pour faute.

"Abus de pouvoir délibérés". Au vu des résultats de l'enquête menée par des avocats indépendants, "nous avons conclu qu'il y avait des raisons de mettre fin pour faute au contrat" de Leslie Moonves, a souligné le conseil d'administration de CBS dans un communiqué, citant notamment des "abus de pouvoir délibérés", "violation du règlement de l'entreprise et violation du contrat de travail", et l'absence de "pleine coopération avec l'enquête" de la part du dirigeant déchu. Leslie Moonves, 69 ans, qui a dirigé CBS durant quinze ans et dont le contrat prévoyait une indemnité de 120 millions de dollars (106 millions d'euros) s'il n'y avait pas faute, "ne recevra pas d'indemnités de départ", a ajouté le conseil. 

Plaintes de douze femmes. Leslie Moonves avait été accusé dès juillet par six femmes de harcèlement sexuel, pour des faits remontant à plusieurs décennies. Mais il avait initialement réussi à se maintenir en poste, en raison essentiellement de la bataille que livrait alors le conseil d'administration de CBS à la famille Redstone pour le contrôle de la chaîne.

De nouvelles accusations, plus graves, émanant de six nouvelles femmes, avaient fini en septembre par faire chuter le dirigeant, très apprécié pour avoir réussi à faire de CBS le plus populaire des "networks" américains.

La chaîne avait alors annoncé donner 20 millions de dollars (17,6 millions d'euros) à des associations soutenant le mouvement anti-harcèlement #MeToo et l'égalité au travail. Elle avait aussi commandé à un cabinet d'avocats une enquête sur les accusations contre Leslie Moonves, soulignant qu'en fonction de ses conclusions, elle lui verserait ou non les indemnités prévues dans son contrat.

Pas assez de prévention sur le harcèlement. L'enquête a aussi conclu, à la lumière d'autres incidents passés, que la chaîne n'avait pas suffisamment mis l'accent sur la prévention du harcèlement, a reconnu la direction de CBS. La direction assure néanmoins avoir déjà pris des mesures pour améliorer les choses, en nommant un nouveau responsable des ressources humaines et en engageant des conseillers extérieurs pour "mettre au point de nouvelles initiatives et promouvoir une culture d'entreprise faite de dignité, de transparence, de respect et d'inclusion". CBS a été éclaboussée par d'autres affaires de harcèlement. Vendredi, elle a confirmé avoir versé 9,5 millions de dollars (8,4 millions d'euros) de dédommagements à l'actrice Eliza Dushku, écartée de la production de la série Bull après s'être plainte de harcèlement par l'acteur principal.