Les Belges veulent simplifier l'orthographe du français

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La fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé vouloir rendre invariable le participe passé après l'auxiliaire avoir, dans tous ses emplois.
La fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé vouloir rendre invariable le participe passé après l'auxiliaire avoir, dans tous ses emplois. © PASCAL PAVANI / AFP
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La fédération Wallonie-Bruxelles ambitionne de modifier les règles de l'accord du participe avec l'auxiliaire avoir, considérées comme complexes et grammaticalement peu pertinentes. 

Cela pourrait presque s'assimiler à une résolution de rentrée ? Dans une tribune publiée dimanche dans Libération, la fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé vouloir rendre invariable le participe passé après l'auxiliaire avoir, dans tous ses emplois. 

Libération rappelle qu'il existe de nombreuses exceptions en la matière. "Les coquillettes que j'ai englouties hier soir", cite le quotidien en exemple. Ici, le participe passé s'accorde avec le COD, le complément d'objet direct, puisqu'il est placé avant l'auxiliaire avoir. "Des coquillettes, j'en ai mangé", est l'exception : le "en" fait que le participe passé redevient invariable. Considérée comme illogique, les Belges souhaitent faire l'impasse sur cette règle grammaticale

Un appel à se recentrer sur le vocabulaire ou l'étymologie. "Le temps moyen consacré aux règles actuelles est de 80 heures pour atteindre un niveau dont tout le monde se plaint", expliquent les auteurs de la tribune, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, tous deux professeurs de français. Ils plaident pour un enseignement davantage axé sur le vocabulaire, la littérature, l'étymologie : "bref, apprendre à nos enfants tout ce qui permet de maîtriser une langue plutôt qu'à faire retenir les parties les plus arbitraires de son code graphique". 

La boîte de Pandore de la langue française a été ouverte. Avec le soutien de la fédération Wallonie-Bruxelles, les deux professeurs ouvrent la boîte de Pandore de la langue de Molière. Ils s'appuient sur les avis du Conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles (CLFPL) et du Conseil international de la langue française (Cilf), l'équivalent hexagonal de la délégation générale de la langue française, placé sous la tutelle du ministère de la Culture. 

Une proposition qui trouve du soutien en France. En France aussi, la proposition trouve un écho. Interrogé par Libération, un linguiste rappelle "qu'une tolérance orthographique est prévue dans les textes depuis 1975" et qu'un correcteur ne peut donc pas, en principe, sanctionner un élève qui n'aurait pas respecté la règle du participe passé après le verbe avoir.