"La première année est très sensible" : en Finlande, le gouvernement suit les jeunes parents de près

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Dans ce pays dont la France veut s'inspirer pour son "parcours des 1.000 jours" pour la petite enfance, les parents doivent accepter un suivi médical très régulier pour bénéficier d'avantages. 
REPORTAGE

Quand un enfant naît en Finlande, la municipalité lui offre... une grande boîte. La "baby box", d'une valeur de plusieurs centaines d'euros, contient "des vêtements, quelques jouets, des couches, un petit matelas pour que le bébé se sente en sécurité", énumère Pipsa, une jeune mère rencontrée par Europe 1. "Il y a de tout, c'est réconfortant pour le premier enfant, parce qu'on trouve des choses auxquelles on n'aurait pas pensé forcément", renchérit Vincent, le père de sa fille.

Europe 1 les a interrogés à Helsinki, où le secrétaire d'Etat Adrien Taquet s'est rendu en quête d'inspiration pour le "parcours des 1.000 jours" que le gouvernement français entend mettre en place pour la petite enfance

"Les parents s'entraînent, ils ont besoin de soutien"

Pour recevoir ce carton multi-fonctions finlandais - tout comme pour recevoir les allocations, d'ailleurs - il faut accepter un suivi médical très régulier par des centres médicaux dédiés. Plus de quinze rendez-vous gratuits, dont un à domicile, sont prévus entre le quatrième mois de grossesse et les deux ans de l'enfant. Il s'agit de s'assurer de son bon développement, mais pas seulement. 

"La première année est très sensible", explique à Europe 1 la directrice de l'un des centres. "Les parents s'entraînent, ils ont besoin de soutien. Nous observons leur comportement avec l'enfant, mais aussi entre eux. Nous leur posons des questions pour être sûrs qu'il n'y a pas de problème dans le foyer, notamment un problème de violence. Il faut que l'enfant se sente en sécurité."

"L'encadrement est renforcé et nous échangeons"

S'il y a une préoccupation que les parents n'ont pas, c'est de trouver une place en crèche. Elle est garantie par la loi et son tarif dépend des revenus, de 0 à 290 euros par mois. Ceux qui ont les horaires les plus contraignants peuvent même compter sur des établissements ouverts 24 heures sur 24. "Ce sont souvent des parents célibataires, qui travaillent dans le secteur de la santé ou de l’hôtellerie, par exemple", explique Tina, responsable de l'une de ces crèches. 

"Certains enfants restent ici plusieurs jours d'affilée. Ils ont besoin de beaucoup d'attention, donc l'encadrement est renforcé, et nous échangeons", poursuit-elle. Mais si les municipalités assurent tous ces services, c'est aussi qu'elles en ont les moyens : leurs prélèvements obligatoires contribuent à faire du taux d'imposition finlandais l'un des plus élevés au monde. 

Europe 1
Par Rémi Bostsarron, édité par Margaux Lannuzel