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La Corée du Nord rejette les accusations du FBI sur le piratage de Binance : "une rhétorique absurde"

[© AFP PHOTO/KCNA VIA KNS]

La Corée du Nord dément toute implication dans le piratage record de 6,3 milliards de dollars de Binance, que le FBI attribue au groupe TraderTraitor. Kim Yo Jong dénonce une "grave provocation politique". Pyongyang a aussi testé des missiles de croisière la veille, alors que le butin pèserait près d'un quart de son PIB.

Pyongyang conteste fermement être l'auteur du piratage record de 6,3 milliards de dollars subi par la plateforme de cryptomonnaies Binance, affirmant "s'opposer résolument" aux cyberattaques.

Les accusations formulées samedi par le FBI relèvent d'une "rhétorique absurde n'apportant rien de nouveau", a réagi Kim Yo Jong, la sœur du dirigeant Kim Jong Un, dans un communiqué diffusé par l'agence KCNA. "C'est une grave provocation politique à l'égard de la RPDC que les États-Unis trompent l'opinion publique internationale, comme si tous les cybercrimes commis dans différentes parties du monde étaient de notre fait", a-t-elle lancé. 

Elle y voit "une tentative sinistre de nuire à l'image internationale de la RPDC" et une "nouvelle violation grave de (sa) souveraineté".

Le groupe TraderTraitor dans le viseur du FBI

Selon la police fédérale américaine, le pillage de Binance, première plateforme de cryptomonnaies en volume d'échanges avec 335 millions d'utilisateurs, serait l'œuvre du groupe TraderTraitor. Le FBI affirme que cette même entité avait dévalisé ByBit en février 2025, alors le plus gros casse informatique de l'histoire avec 1,5 milliard de dollars. TraderTraitor est une cellule rattachée au Lazarus Group, nébuleuse du cybercrime liée au renseignement nord-coréen, connue depuis le piratage de Sony Pictures en 2014. 

Le "Bureau 121", unité de cyberguerre du pays, compterait 6 000 membres selon l'armée américaine en 2020, et 8 400 selon le renseignement sud-coréen en 2024.

Un enjeu financier et diplomatique

Selon Michael Bosack, du Parley Policy Institute, le butin de Binance représente "près d'un quart du PIB annuel estimé" de la Corée du Nord, ce qui explique la réaction de Pyongyang. "Ce démenti n'est pas qu'une question de réputation, le gouvernement nord-coréen a besoin de préserver les circuits disponibles pour continuer à blanchir et à utiliser cette cryptomonnaie", analyse-t-il. Selon lui, l'affaire pourrait aussi compromettre un éventuel sommet entre Kim Jong Un et Donald Trump.

À Séoul, le président Lee Jae Myung a souligné mardi les "limites claires" des mesures actuelles face aux menaces numériques, sans désigner de coupable, même s'il a évoqué "un groupe de pirates informatiques". "Nous devons établir un système de prévention complet", a-t-il appelé.

Des missiles de croisière testés la veille

La veille de ces démentis, la Corée du Nord a testé des missiles de croisière, a rapporté KCNA. Ces engins ne sont pas visés par les sanctions internationales, contrairement aux missiles balistiques. L'essai a permis de "perfectionner la capacité à conduire une frappe verticale contre la cible", avec une ogive à dispersion capable de "réduire en cendres une zone de cinq à six hectares". Pyongyang a multiplié les essais ces dernières semaines : drones d'attaque, missiles hypersoniques, torpilles et armes à fragmentation.