Julian Assange a tenté de créer un "centre d'espionnage" dans l'ambassade d'Equateur, selon le président

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Le président équatorien a dénoncé la tentative de Julian Assange de créer un centre d'espionnage dans l'ambassade londonienne.
Le président équatorien a dénoncé la tentative de Julian Assange de créer un centre d'espionnage dans l'ambassade londonienne. © PABLO COZZAGLIO / AFP
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Le président équatorien a invoqué la tentative de l'Australien Julian Assange de créer un "centre d'espionnage" dans l'ambassade londonienne pour justifier sa décision de lui retirer l'asile que le pays lui avait accordé sept ans plus tôt.

Julian Assange a tenté de créer un "centre d'espionnage" dans l'ambassade d'Équateur à Londres, a affirmé dimanche le président équatorien Lenin Moreno, justifiant sa décision de retirer l'asile au fondateur de WikiLeaks qui a été arrêté jeudi.

Des activités et un comportement répréhensibles pour le président équatorien

Lenin Moreno, qui a accédé au pouvoir en 2017, a regretté dans une interview au quotidien britannique The Guardian que le précédent gouvernement de son pays ait fourni des équipements dans l'ambassade qui ont permis d'"interférer dans les affaires d'autres États".

 

"Nous ne pouvons pas permettre à notre maison, la maison qui a ouvert ses portes, de devenir un centre d'espionnage", a déclaré Lenin Moreno. "Cette activité viole les conditions d'asile", a-t-il ajouté, assurant que la décision de retirer l'asile à Julian Assange "n'est pas arbitraire, mais repose sur le droit international".

Le président équatorien a aussi dénoncé l'attitude "absolument répréhensible et scandaleuse" de Julian Assange dans l'ambassade et son "comportement inapproprié en matière d'hygiène". Selon Quito, Julian Assange aurait notamment souillé les murs avec ses excréments.

Assange est prêt à coopérer avec les autorités suédoises

Interrogée par Sky news dimanche matin, l'avocate de Julian Assange, Me Jennifer Robinson, a réfuté ces accusations, les qualifiant de "scandaleuses". Me Robinson a assuré que l'Australien de 47 ans était prêt à coopérer avec les autorités suédoises si celles-ci demandent son extradition mais que la priorité reste d'éviter une extradition aux États-Unis.

Le fondateur de WikiLeaks est en détention après son arrestation jeudi à l'ambassade d'Equateur de Londres où il avait trouvé refuge il y a sept ans afin d'échapper à un mandat d'arrêt britannique pour des accusations de viol et d'agression sexuelle en Suède, qu'il a toujours niés.

La plainte pour agression sexuelle a été frappée par la prescription en 2015, puis la Suède a abandonné les poursuites dans la deuxième affaire en mai 2017, faute de pouvoir faire avancer l'enquête. Mais à l'annonce de l'arrestation, l'avocate de la plaignante a réclamé la réouverture de l'enquête.

Sous le coup d'une demande d'extradition américaine

L'Australien de 47 ans a aussi été arrêté en lien avec une demande d'extradition venant des États-Unis qui l'accusent d'avoir aidé l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense. Cette demande d'extradition sera examinée par la justice britannique le 2 mai. En cas de demande d'extradition par la Suède, l'avocate cherchera à avoir les "assurances que nous avons déjà demandées, que (Julian Assange) ne soit pas envoyé aux États-Unis".