Israël : les États-Unis ouvrent leur ambassade à Jérusalem, inauguration à haut risque

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Pour l'instant, l'ambassade américaine est installée dans le consulat des États-Unis à Jérusalem.
Pour l'instant, l'ambassade américaine est installée dans le consulat des États-Unis à Jérusalem. © THOMAS COEX / AFP
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Réalisant une promesse du président Trump, les États-Unis inaugurent lundi leur ambassade à Jérusalem, provoquant la colère des Palestiniens qui jugent ce transfert comme une provocation.

Les États-Unis inaugurent lundi à Jérusalem leur ambassade en Israël, réalisant la promesse controversée du président Donald Trump au risque d'enflammer les passions des Palestiniens qui pourraient protester massivement dans les Territoires, surtout à Gaza.

Un transfert très controversée. Ivanka Trump et Jared Kushner, fille et gendre et conseillers du président américain, prendront part avec des centaines de dignitaires des deux pays à la cérémonie prévue à partir de 16 heures (15 heures à Paris) et largement perçue comme défiant la réprobation de la communauté internationale dans une période de grande inquiétude pour la stabilité régionale.

Une mobilisation palestinienne attendue. Au même moment, à quelques dizaines de kilomètres de là, des milliers de Palestiniens de la bande de Gaza sous blocus pourraient marcher en direction de la frontière israélienne avec, pour certains, l'intention proclamée de tenter de forcer au péril de leur vie la barrière de sécurité.

L'armée israélienne a pratiquement doublé ses effectifs combattants autour de l'enclave et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël où sont annoncés des rassemblements, de moindre ampleur a priori. Un millier de policiers israéliens sont mobilisés à Jérusalem pour sécuriser l'ambassade et ses alentours dans le quartier périphérique et verdoyant d'Arnona.

Jérusalem, une question très sensible. Concrétisant un engagement de campagne, le transfert de l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem constitue une rupture de plus avec, en l'occurrence, des décennies de diplomatie américaine et de consensus international. Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses de l'insoluble conflit israélo-palestinien.

Si elle comble Israël, l'initiative unilatérale américaine ulcère les Palestiniens pour lesquels elle représente le summum du parti pris outrancièrement pro-israélien affiché par Donald Trump depuis son intronisation en 2017. Ils y voient la négation de leurs revendications sur Jérusalem.

Israël s'est emparé de Jérusalem-Est en 1967 et l'a annexée. Tout Jérusalem est sa capitale "éternelle" et "indivisible", dit-il. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Pour la communauté internationale, Jérusalem-Est reste territoire occupé et les ambassades ne doivent pas s'installer dans la ville tant que le statut n'en a pas été réglé par la négociation entre les deux parties.

Jérusalem, une question très sensible. L'inauguration de l'ambassade, provisoirement installée dans les locaux de ce qui était le consulat américain en attendant la construction d'une nouvelle représentation, a lieu dans une période éminemment sensible. Les Palestiniens perçoivent comme une "provocation" la date choisie, précédant de 24 heures les commémorations de la "Nakba", la "catastrophe" qu'a constitué la création d'Israël pour des centaines de milliers d'entre eux chassés ou ayant fui de chez eux en 1948. Le transfert de l'ambassade américaine n'a pas pour l'instant provoqué l'effet d'entraînement espéré par Israël. Seuls deux pays, le Guatemala et le Paraguay, se sont fermement engagés à déménager leur mission.

Un appel au djihad. Le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a appelé dimanche au djihad contre les États-Unis affirmant que la décision de Washington était la preuve que les négociations et "l'apaisement" n'ont pas servi aux Palestiniens. Dans une vidéo de cinq minutes intitulée "Tel Aviv est aussi une terre des musulmans", le médecin égyptien qui a pris la tête d'Al-Qaïda après la mort en 2011 de son fondateur Oussama Ben Laden, a qualifié l'Autorité palestinienne de "vendeurs de la Palestine" et exhorté ses adeptes à prendre les armes.