"Filières bulgares" : le président bulgare dénonce les propos "de bas étage" de Macron

Roumen Radev.
Roumen Radev. © Andreas SOLARO / AFP
  • Copié
avec AFP
Dimanche le président Roumen Radev a réagi aux propos tenus par Emmanuel Macron. Dans une interview accordée au magazine Valeurs actuelles, le chef de l'Etat français avait dit "préférer avoir des gens qui viennent de Guinée ou de Côte d'Ivoire légaux, qui sont là et qui font ce travail, que des filières bulgares ou ukrainiennes clandestines".

Le président bulgare Roumen Radev a dénoncé dimanche les propos "de bas étage" et "peu nuancés" de son homologue français Emmanuel Macron à propos de "filières bulgares clandestines" de travailleurs en France. Le président français "a clairement fait état de ses ambitions de leadership européen, mais ses idées auront du mal à se réaliser s'il s'exprime de manière aussi peu nuancée", a déclaré à la presse Roumen Radev. Les propos "de bas étage" et "peu nuancés" de M. Macron ressemblent à une "opération de communication intérieure", a-t-il ajouté.

Les déclarations du président français qualifiées de "scandaleuses" par le gouvernement bulgare

Au cours d'un entretien accordé mercredi au magazine français Valeurs actuelles, Emmanuel Macron avait dit "préférer avoir de la migration légale, enregistrée, sous quotas, pendant x années, plutôt que du travail détaché dissimulé". "Je préfère avoir des gens qui viennent de Guinée ou de Côte d'Ivoire légaux, qui sont là et qui font ce travail, (pour des secteurs comme le BTP et la restauration ayant besoin de main-d'oeuvre étrangère, nldr) que des filières bulgares ou ukrainiennes clandestines", a-t-il ajouté. Samedi, les médias bulgares ont largement relayé ces déclarations, qualifiées de "scandaleuses" par le gouvernement.

Entendu sur europe1 :
"Il nous faut reconnaître l'existence de passeurs au sein même de l'UE. Il y a des filières, des trafiquants humains qui génèrent beaucoup de profits pour eux-mêmes en exploitant la misère"

Appelée à réagir dimanche, la secrétaire d'État française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin a rappelé le nécessaire travail commun visant à combattre les trafiquants actifs à la frontière orientale de l'Union européenne. "Il nous faut reconnaître l'existence de passeurs au sein même de l'UE. Il y a des filières, des trafiquants humains qui génèrent beaucoup de profits pour eux-mêmes en exploitant la misère", a-t-elle déclaré à la radio Europe 1, la télévision CNews et au quotidien Les Échos. La Bulgarie est membre de l'UE depuis 2007. Elle ne participe pas encore à l'espace de libre circulation Schengen.

 

Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a annoncé samedi soir avoir été contacté par le président français, désireux de lui assurer que ses propos avaient été "mal interprétés". Emmanuel Macron est régulièrement accusé à Sofia de prêter peu d'attention aux intérêts de la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l'UE.