États-Unis : quand Trump "parle de revenir, on ne peut que s'en inquiéter", assure sa nièce

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Donald Trump laisse officiellement sa place à son successeur, le démocrate Joe Biden. Mais avant de quitter la Maison-Blanche, il a assuré qu'il reviendrait, "d'une manière ou d'une autre". "On ne peut que s'en inquiéter", commente sur Europe 1 Mary Trump, psychologue, autrice et nièce du milliardaire.
INTERVIEW

Trump s'en va, Biden arrive. Mercredi 20 janvier, le président Donald Trump a officiellement quitté la Maison-Blanche, laissant la place au démocrate Joe Biden, 46e président élu des États-Unis. Sans accueillir son successeur, le milliardaire s'est envolé pour la Floride, après avoir promis qu'il "reviendrait d'une manière ou d'une autre". Mary Trump, psychologue clinicienne et nièce du républicain, est l'autrice d'un ouvrage très critique à l'égard de son oncle : "Trop et jamais assez : Comment ma famille a fabriqué l’homme le plus dangereux du monde". Sur Europe 1, elle confie son "soulagement" en cette journée historique mais alerte sur la menace que représente toujours l'ancien président.

"J'interprète cela comme une menace", commente Mary Trump. "Il faut se rappeler que, non seulement il a menti de manière éhontée sur les résultats des élections qui ont été remportées légitimement par Joe Biden, mais ensuite il a refusé d'admettre sa défaite, ce qui a donné quelques espoirs à ses partisans. Quand il parle de revenir, on ne peut que s'en inquiéter." 

Trump pourrait créer son propre parti 

Selon la presse américaine, l'ancien président pourrait créer son propre parti politique, proposant une ligne encore plus nationaliste et soutenu par un électorat de plusieurs millions d'Américains. Une perspective qui inquiète Mary Trump, qui espère une intervention des parlementaires. "Je ne croyais pas pendant longtemps qu'il allait se présenter aux élections de 2024 mais il va faire comme si. Le Sénat pourrait évoquer la section 3 du 14e amendement, qui empêche toute personne impliquée dans une insurrection armée contre le pays, ce qui est le cas de Donald Trump, de se présenter à toute autre élection", explique-t-elle.

"Le fait qu'il puisse créer un parti politique, qui serait de nature très nationaliste, nous inquiète tous. Mais une conséquence inattendue de cela serait de scinder le parti républicain et de l'affaiblir considérablement", ajoute-t-elle. Une nouvelle positive selon elle car le parti conservateur a permis "les horreurs auxquelles on a assisté ces quatre dernières années". 

L'attaque contre le Capitole, survenue il y a deux semaines, illustre selon sa nièce le danger que peut représenter Trump. "Je crois qu'il savait ce qu'il faisait. Il en avait conscience et il ne supporte pas l'idée d'avoir perdu les élections", décrypte-t-elle. "Il pensait vraiment, je crois, que s'il arrivait à faire monter suffisamment de colère chez ses partisans, il pourrait inverser le cours des élections. Heureusement, ça ne s'est pas produit." 

"Il faut qu'il soit décrédibilisé au point de ne plus avoir une plateforme pour s'exprimer. Et cette tentative d'insurrection devrait suffire pour le retirer de la scène", ajoute Mary Trump. 

Joe Biden, "l'homme de la situation"

L'investiture de Joe Biden représente pour l'autrice "un soulagement considérable". "Je crois que l'Amérique est passée très près de perdre la démocratie", confie-t-elle. "Si on avait subi un autre mandat de quatre ans de Trump, elle n'y aurait pas survécu." Face à la crise du Covid-19, qui frappe durement les États-Unis, et la crise financière qui en découle, Mary Trump estime que le nouveau président démocrate est "l'homme de la situation".

"Joe Biden est un homme bien, plein de compassion et d'empathie. Il a une compréhension profonde de la manière dont fonctionne un gouvernement", assure-t-elle. "Ce qu'il amène avec lui c'est aussi la capacité de déléguer à tous ceux qui ont davantage d'expertise que lui dans leur domaine. Donc, je crois qu'on va voir fonctionner un gouvernement tout à fait qualifié et qui sera entièrement prêt à faire face à de multiples crises."

Europe 1
Par Mathilde Durand