Etats-Unis : en Floride, la campagne des midterms se fait aussi en espagnol

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© AFP
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A deux jours des élections de mi-mandat, le thème de l'immigration est toujours mis au premier plan par Donald Trump. Et les voix des électeurs issus de l'immigration, divisés sur la question, seront décisives.
REPORTAGE

Ils sont 55 millions aux Etats-Unis, soit un Américain sur six. Les Latinos constituent un réservoir électoral décisif à l'occasion des élections de mi-mandat. Originaires de Cuba ou d'Amérique du Sud, leurs voix sont très courtisées car sensibles, en pour ou en contre, aux rhétoriques liées à l'immigration développées par Donald Trump. Alors pour partir à la chasse aux votes dans les quartiers hispaniques de Floride, rien de mieux que de le faire en espagnol.

"Nous n'acceptons pas les divisions et les attaques." Dans cette banlieue de Miami, 70% des électeurs sont hispaniques, tout comme les candidats. "Je suis une immigrée", répète sans relâche Debbie Mucarsel, une candidate démocrate née en Equateur. Arrivée avec sa famille alors qu'elle était âgée de 14 ans, sans un sou, elle vendait des beignets à 15 ans. C'est l'Amérique qui lui a offert un avenir avec une bourse d'études.

 

Elle explique avoir la même histoire que ses électeurs. "Nous sommes infirmières, enseignants, nous contribuons à l'économie. Nous n'acceptons pas les divisions et les attaques. C'est blessant pour moi, pour les gens de ma communauté et je me bats pour eux", affirme-t-elle.

Trump "défend la frontière pour ne laisser entrer que les bonnes personnes." Elle tente aujourd'hui de chiper le siège d'un républicain au Congrès, qui a bien été forcé de se désolidariser publiquement de Donald Trump. Il est d'origine cubaine mais le sujet divise la communauté. "Il y en a beaucoup qui n'apprécie pas ce que dit Trump. Moi, je ne crois pas que ce soit un problème. Il défend la frontière pour ne laisser entrer que les bonnes personnes", juge Gabriela. Un couple d'origine mexicaine a, de son côté, déjà voté pour défendre les immigrés. Ils sont arrivés il y a 20 ans dans le but de travailler, insiste Maria. "Nous ne sommes pas des délinquants !"

Europe 1
Par Sébastien Krebs, envoyé spécial à Miami, édité par Grégoire Duhourcau